La variance d'une somme, puis celle d'une moyenne
Exercice d'entraînement · niveau 3 (difficile) · mathématiques approfondies (ECG 1re année), chapitre 10 — Probabilités sur un ensemble quelconque · Inégalités et loi des grands nombres
Énoncé
Soient et indépendantes, admettant chacune une espérance et une variance. Montrer que . En déduire pour indépendantes de même loi, puis le nombre de lancers d'un dé équilibré assurant .
Corrigé
Ce qu'on montre. Que l'additivité de la variance vient de , et qu'elle est le seul ingrédient de la loi faible des grands nombres.
L'additivité. Par la formule de Kœnig-Huygens appliquée à : Développons chaque membre. Par linéarité de l'espérance, Comme et sont indépendantes et admettent une espérance, le théorème du cours donne : les deux termes doubles se détruisent. Il reste
La variance d'une moyenne. Soient indépendantes de même loi, d'espérance et de variance . En itérant l'additivité, . Et comme : La moyenne a la même espérance que chaque variable, mais une variance fois plus petite : c'est tout le mécanisme de la loi faible des grands nombres.
Le dé. Soit le résultat du -ième lancer, de loi uniforme sur :
L'application de Bienaymé-Tchebychev. Appliquée à , d'espérance et de variance , avec : Pour que ce majorant soit inférieur à , il suffit que c'est-à-dire lancers.
Commentaire. Ce nombre est suffisant, pas nécessaire : la majoration est très large. Sa valeur est ailleurs — le majorant tend vers , et c'est exactement la démonstration de la loi faible des grands nombres.
Point délicat. L'additivité de la variance exige l'indépendance ; celle de l'espérance non. Pour copies de la même variable, et la variance ne décroît pas du tout.
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