Une fonction paire n'a que des puissances paires
Exercice d'entraînement · niveau 3 (difficile) · mathématiques approfondies (ECG 1re année), chapitre 9 — Taylor, développements limités et convexité · Développements limités
Énoncé
Soit de classe au voisinage de , paire, de développement limité . Montrer que pour tout impair. Donner ensuite le développement limité à l'ordre en de , et vérifier le résultat autrement.
Corrigé
Ce qu'on montre. Que l'unicité du développement limité transforme une symétrie de la fonction en une annulation de coefficients — et qu'on peut ensuite s'en servir comme d'un contrôle.
La démonstration. Écrivons le développement de en , puis en : le reste restant un puisque .
Comme est paire, : les deux écritures sont deux développements limités à l'ordre de la même fonction. Le théorème d'unicité du cours impose l'égalité des coefficients : Pour impair, cela s'écrit , donc , donc . Pour pair l'égalité est automatique et ne dit rien.
Application : le développement de . Les développements usuels donnent La proposition du cours autorise le produit, en ne gardant que les termes de degré :
- degré : ;
- degré : ;
- degré : donne , donne , donne , soit ;
- les degrés , et ne reçoivent aucune contribution.
La vérification. La fonction est impaire, et le résultat obtenu ne comporte en effet que des puissances impaires — c'est le résultat démontré plus haut, transposé au cas impair (où ce sont les coefficients pairs qui s'annulent, par le même argument avec ).
Second contrôle, indépendant : , donc identique au calcul par le produit. Les deux chemins concordent.
Point délicat. L'argument repose entièrement sur l'unicité du développement : sans elle, deux écritures différentes de la même fonction n'imposeraient aucune relation entre les coefficients.
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