Les racines carrées de dans
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (MP/MPI), chapitre 1 — Structures algébriques usuelles · C. , théorème chinois, Euler
Énoncé
a) Résoudre dans . Combien de solutions ? Commenter au regard du degré du polynôme .
b) Soit un nombre premier impair et . Montrer que a exactement deux solutions dans .
c) Soit impair. En transportant l'équation par l'isomorphisme du théorème chinois, montrer que a exactement solutions dans .
d) Vérifier sur , puis sur .
e) Que devient le compte si est pair ? Traiter à part, à l'aide du a).
Corrigé
La stratégie, et les outils. Un isomorphisme d'anneaux transporte toute équation polynomiale : est solution dans si et seulement si chacune de ses composantes l'est dans son facteur, et le comptage devient un produit. Reste à compter dans un facteur — c'est là que la parité de intervient. Outils : le théorème chinois et la valuation -adique, c'est-à-dire l'exposant de dans une décomposition.
a) Dans . On teste les huit classes : , , , , , , , . D'où Commentaire. Le polynôme , de degré , possède quatre racines. Il n'y a pas d'erreur : le théorème « au plus racines » vaut sur un corps, et n'en est pas un — il n'est même pas intègre. La factorisation y admet des solutions parasites : pour , les deux facteurs et sont non nuls et leur produit est nul.
b) Dans , premier impair. L'équation s'écrit .
Le point délicat. ne peut pas diviser les deux facteurs : sinon il diviserait leur différence , ce qui est exclu pour premier impair. Notons et : on vient de voir que , et l'hypothèse donne . Donc ou , c'est-à-dire Réciproquement ces deux classes conviennent, et elles sont distinctes : exigerait , impossible. Exactement deux solutions.
c) Le comptage par le théorème chinois. Les sont deux à deux premiers entre eux, d'où un isomorphisme d'anneaux Un isomorphisme d'anneaux respecte produits et unité, donc étant bijective, les solutions sont en bijection avec les -uplets de solutions composante par composante ; chaque composante offre deux choix indépendants (question b), d'où où est le nombre de facteurs premiers distincts de . Remarquable : ce nombre ne dépend pas des exposants .
d) Deux vérifications.
, : on attend solutions. Les quatre combinaisons de signes donnent, par le chinois, ; ; la classe et , soit ; et . Contrôles : ✓ ; ✓ ; ✓.
, : on attend solutions. En résolvant les huit systèmes de congruences : . Contrôles : ✓ ; ✓ ; ✓ ; ✓. Les solutions vont par paires : c'est la stabilité de l'ensemble par .
e) Le cas pair. L'argument du b) échoue pour , précisément parce que divise et lorsque est impair.
- : dans , seule convient — une solution.
- : dans , et — deux solutions.
- : quatre solutions. En effet est nécessairement impair, et où les deux facteurs sont pairs et diffèrent de , donc un seul est divisible par : , et la somme des deux valuations étant , la plus grande vaut au moins , soit . Réciproquement, si , alors dès que ; idem pour . Les classes obtenues, , , et , sont deux à deux distinctes dès que ; pour on retrouve , exactement le a).
Le compte général. Pour avec impair, le chinois donne solutions, où , et pour .
Ce que l'exercice installe. Un isomorphisme transporte une équation : au lieu de résoudre dans , on résout dans chaque facteur et l'on multiplie les comptes. C'est le mode d'emploi du théorème chinois, plus utile que la résolution d'un système de congruences. Et le contraste du a) : hors d'un corps, un polynôme de degré peut avoir quatre racines — c'est exactement ce dont le problème de la séance aura besoin, en sens inverse, pour exploiter le fait que , lui, est un corps.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.