Les sous-groupes de : monogènes ou denses
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (MP/MPI), chapitre 1 — Structures algébriques usuelles · A. Groupes, ordres, groupes cycliques
Énoncé
Soit un sous-groupe de non réduit à . On pose .
a) Justifier que est non vide et que est bien défini.
b) On suppose . Montrer que , puis que .
c) On suppose . Montrer que rencontre tout intervalle ouvert non vide de .
d) Conclure : tout sous-groupe de est soit de la forme , soit dense dans . Comparer avec le théorème du cours sur les sous-groupes de .
e) Application : soit . Montrer que est un sous-groupe de non monogène, donc dense.
Corrigé
La stratégie, et les outils. Toute la démonstration est gouvernée par une seule quantité, : c'est elle qui décide du comportement de , et le raisonnement se scinde selon qu'elle est strictement positive ou nulle. On n'utilise que la propriété de la borne inférieure et la division euclidienne réelle : pour et , il existe un unique tel que , à savoir .
a) La borne inférieure existe. Comme , il existe non nul ; un sous-groupe est stable par passage à l'opposé, donc , et l'un des deux réels , est strictement positif. Donc est non vide, et minoré par : la borne inférieure existe, et .
b) Le cas : est monogène.
Premier temps : . Par l'absurde, supposons . Par caractérisation de la borne inférieure, pour tout il existe tel que ; et comme , l'inégalité de gauche est stricte : .
Appliquons-la deux fois. Avec , on obtient tel que . Avec , on obtient tel que . Alors Ce réel appartient à et est strictement inférieur à : cela contredit le fait que minore cet ensemble. Donc .
Second temps : . L'inclusion est immédiate : est un sous-groupe contenant . Réciproquement, soit ; posons et , de sorte que . Comme et , on a . Si , alors avec : impossible. Donc et . D'où .
c) Le cas : est dense. Soit un intervalle ouvert non vide, et . Comme , le réel n'est pas un minorant : il existe avec . Les multiples sont tous dans et balaient la droite par pas , strictement plus court que l'intervalle : l'un d'eux doit y tomber. Précisément, posons , de sorte que ; alors Donc : est dense dans .
d) La dichotomie. Les deux cas sont exclusifs et exhaustifs : tout sous-groupe de est soit de la forme avec , soit dense dans .
Comparaison avec . Dans , admet un minimum, entier donc strictement positif : le cas « » ne peut pas se produire, et il ne reste que . La seconde branche n'existe dans que parce qu'une borne inférieure n'y est pas toujours atteinte.
e) L'application. contient et la différence de deux de ses éléments : c'est un sous-groupe. Supposons par l'absurde ; comme , on a . Alors et avec , , d'où puis — contradiction. D'après le d), est dense dans .
Une conséquence à connaître. La densité de signifie que les parties fractionnaires des sont denses dans . Avec , la suite est donc dense dans , et en particulier diverge : un résultat algébrique règle une question analytique qu'aucun calcul de limite n'atteint.
Ce que l'exercice installe. Une hypothèse purement algébrique impose un comportement topologique : discret ou dense, sans intermédiaire, et c'est une borne inférieure qui tranche. On retrouvera ce mécanisme au chapitre de topologie, et au chapitre des espaces euclidiens, où le noyau du morphisme est le sous-groupe — donc discret, donc monogène.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.