Adloun

L'équation des ondes et la formule de d'Alembert

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (MP/MPI), chapitre 11 — Calcul différentiel et optimisation · B. Règle de la chaîne et équations aux dérivées partielles

Énoncé

Soit . Déterminer toutes les fonctions , des variables , telles que à l'aide du changement de variables , . En déduire la solution du problème de Cauchy , .

Corrigé

La stratégie : un changement de variables redresse l'équation. L'équation mélange les deux dérivées secondes ; dans les bonnes variables elle devient , qui s'intègre deux fois. Le changement de variables est inversible et affine : , , de sorte qu'on passe de à et de à sans perte, et que est C2 si et seulement si l'est (composée d'une application C2 et d'une application linéaire).

1) Le calcul des dérivées. Posons , de sorte que . Par la règle de la chaîne appliquée à avec , , , : En dérivant une seconde fois, et en utilisant le théorème de Schwarz — licite puisque est de classe C2 — pour identifier et : D'où Comme , l'équation des ondes équivaut à

2) L'intégration, en deux temps. Posons , qui est de classe C1. L'équation dit sur : pour chaque fixé, la fonction d'une variable a une dérivée nulle sur l'intervalle , donc est constante. Il existe donc telle que pour tout , et est de classe C1.

Soit la primitive de nulle en : est de classe C2. Alors pour tout : pour chaque fixé, est constante sur . En notant , de classe C2, on obtient .

3) Conclusion, et réciproque. Réciproquement, toute fonction de cette forme est C2 et vérifie . La solution générale est la superposition de deux ondes rigides se propageant en sens opposés à la vitesse : va vers la gauche, vers la droite, chacune sans se déformer.

4) Le problème de Cauchy et la formule de d'Alembert. Soient et . Les conditions et s'écrivent La seconde donne , donc en intégrant de à : . En notant et en résolvant le système : En reportant, les constantes se détruisent et puisque . C'est la formule de d'Alembert, et elle montre au passage l'unicité de la solution du problème de Cauchy.

Le point délicat : « dérivée nulle donc constante » se fait à une variable gelée, et il faut une PRIMITIVE de classe C1. L'équation ne dit pas que est constante, mais qu'elle ne dépend que de — et cela se démontre en gelant et en appliquant le résultat d'une variable sur l'intervalle . Deuxième précaution, souvent omise : il faut savoir que est C1 pour que soit C2, sans quoi la « solution » trouvée ne serait pas dans l'espace où l'on cherche. C'est l'évaluation qui le donne.

Contrôle. Prenons et : la formule donne , soit la bosse initiale coupée en deux moitiés qui s'éloignent à la vitesse . En on retrouve bien , et vaut en . On lit aussi sur la formule la vitesse finie de propagation : ne dépend de qu'aux deux points et de que sur le segment — une perturbation initiale localisée n'est ressentie en qu'à partir de l'instant où l'onde a parcouru la distance.

Ce que l'exercice installe. Un changement de variables ne « simplifie » pas une équation aux dérivées partielles : il la redresse, en alignant les nouvelles variables sur les directions dans lesquelles l'information se propage — ici les droites constantes, appelées caractéristiques. Une fois l'équation écrite , elle n'a plus de contenu que celui d'une double intégration. Le réflexe technique à retenir : dériver deux fois par la chaîne, invoquer Schwarz pour fusionner les croisées, puis intégrer variable par variable en justifiant à chaque fois la constance sur un intervalle.

Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre

Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.