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Stabilité, blocs, et inversibilité

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (MP/MPI), chapitre 2 — Réduction des endomorphismes et des matrices carrées · A. Sommes directes et blocs

Énoncé

Soit un espace vectoriel de dimension finie , et un sous-espace de dimension , stable par . On note une base adaptée, c'est-à-dire dont les premiers vecteurs forment une base de .

a) Justifier que la matrice de dans s'écrit , et identifier .

b) Montrer que .

c) En déduire que est inversible si et seulement si et le sont.

d) On suppose inversible. Montrer que , puis que est stable par . Expliciter par blocs.

e) Le résultat du d) subsiste-t-il en dimension infinie ?

Corrigé

La stratégie, et les outils. Deux outils bien séparés. L'équivalence du c) est calculatoire : c'est le déterminant par blocs. La stabilité de par est un argument de dimension finie : une restriction injective d'un espace de dimension finie dans lui-même est bijective, donc et pas seulement — c'est le point où l'on peut se croire arrivé alors qu'il reste tout à faire.

a) La stabilité se lit comme un bloc nul. Pour , le vecteur appartient à , donc s'écrit uniquement sur : les dernières coordonnées de la -ième colonne sont nulles. C'est exactement la nullité du bloc inférieur gauche, et le bloc supérieur gauche est la matrice de l'endomorphisme induit dans la base . Réciproquement, cette forme entraîne la stabilité : « stable » et « bloc inférieur gauche nul » sont la même information.

b) Le déterminant par blocs. Fixons et , et considérons Les premières colonnes de sont les vecteurs , où est la -ième colonne de . Le déterminant étant -linéaire alterné en les colonnes, est -linéaire alternée en les colonnes de : c'est donc un multiple du déterminant sur , Et : en développant successivement selon les premières colonnes, chacune n'ayant qu'un coefficient non nul, égal à et en position diagonale, il ne reste que . D'où .

c) L'équivalence. Le corps étant intègre, Il ne suffit donc pas que l'un des deux blocs diagonaux soit inversible : les deux comptent, et le bloc ne compte pas.

d) est stable par . L'endomorphisme induit est bien défini ( est stable) et injectif, comme restriction d'une application injective. Or est de dimension finie : le théorème du rang donne , et comme , on conclut En appliquant à cette égalité, : est stable par , et .

La matrice inverse. Dans la même base adaptée, est donc encore triangulaire supérieure par blocs, et l'identification donne ce qu'un produit vérifie :

Contrôle numérique. Prenons , , avec , , , soit . On a , et (triangulaire) : l'égalité du b) est vérifiée. L'inverse vaut dont le bloc inférieur gauche est bien nul — donc est stable par —, le bloc supérieur gauche vaut , et le bloc supérieur droit coïncide avec ✓.

e) Le point délicat, et un contre-exemple en dimension infinie. L'inclusion ne suffit pas : il faut l'égalité, que seule la dimension finie garantit. Sur , l'espace des polynômes de Laurent, l'endomorphisme est bijectif, et est stable par ; pourtant : n'est pas stable par . Toute la question d) repose donc sur le théorème du rang, et sur rien d'autre.

Ce que l'exercice installe. Un sous-espace stable par un automorphisme est stable par son inverse — donc par tous les , , et plus généralement par tout élément de l'algèbre engendrée. C'est ce qui permet, en réduction, de travailler « bloc par bloc » sans jamais quitter les sous-espaces stables déjà construits. Et retenir la traduction : stable, c'est un bloc nul.

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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.