Orthogonale et symétrique : les symétries orthogonales
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (MP/MPI), chapitre 3 — Endomorphismes d'un espace euclidien · B. Matrices orthogonales et isométries
Énoncé
Soit à la fois orthogonale et symétrique.
a) Montrer que .
b) En déduire , puis, par le théorème spectral, décrire géométriquement .
c) Établir la réciproque : toute matrice de symétrie orthogonale est orthogonale et symétrique.
d) L'implication du a) se retourne-t-elle ? Autrement dit, entraîne-t-elle que est orthogonale ?
e) Contrôler sur la réflexion par rapport au plan orthogonal au vecteur unitaire .
Corrigé
La stratégie, et les outils. La première implication tient en une substitution ; l'intérêt est ailleurs : identifier géométriquement ces matrices, ce que le théorème spectral permet, et distinguer les deux réciproques possibles — l'une est vraie, l'autre est fausse.
a) Le carré vaut l'identité. L'hypothèse s'écrit (orthogonale) et (symétrique). En substituant la seconde dans la première : Donc est la matrice d'un endomorphisme vérifiant : une involution, c'est-à-dire une symétrie (première année).
b) Le spectre, et la base orthonormée. Le polynôme annule ; il est scindé à racines simples, donc est diagonalisable et .
Mais on a mieux que « diagonalisable » : est symétrique réelle, donc le théorème spectral fournit une diagonalisation en base orthonormée. Les deux sous-espaces propres sont orthogonaux — sous-espaces propres d'un autoadjoint pour des valeurs propres distinctes — et supplémentaires : Autrement dit, en notant , il existe telle que : est la matrice de la symétrie orthogonale par rapport à , parallèlement à .
Cas particuliers selon : donne ; une réflexion, symétrie par rapport à un hyperplan, de déterminant ; donne ; et en général .
c) La réciproque, celle qui est vraie. Soit une symétrie orthogonale, par rapport à un sous-espace parallèlement à . Dans une base orthonormée adaptée à , sa matrice est ; dans la base canonique, avec , matrice de passage entre deux bases orthonormées. Alors est donc symétrique et orthogonale. D'où l'identification complète :
d) La fausse réciproque. Non : seul ne suffit pas. La matrice mais elle n'est ni symétrique (), ni orthogonale : ses colonnes et ont pour produit scalaire . C'est une symétrie oblique : et sont deux droites supplémentaires mais non orthogonales, leur produit scalaire valant . C'est l'orthogonalité de , et elle seule, qui rend la symétrie orthogonale.
e) Le contrôle numérique. Le vecteur est unitaire, puisque . La réflexion par rapport au plan a pour matrice , soit Vérifications : par construction, étant symétrique ; et puisque ; donc et est orthogonale. Son spectre est — le vecteur est propre pour , le plan est fixe —, d'où et ✓. C'est bien une réflexion : .
Ce que l'exercice installe. L'intersection n'est pas un objet exotique : c'est exactement l'ensemble des symétries orthogonales, paramétré par le sous-espace fixe. Et retenez le schéma : deux équations matricielles qui se croisent caractérisent une classe géométrique entière — on retrouvera ce schéma pour les projecteurs orthogonaux ( et ), et au problème de la séance, où et se croisent pour donner une décomposition unique.
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