Adloun

est compact, ne l'est pas

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (MP/MPI), chapitre 4 — Topologie des espaces vectoriels normés · E. Compacité et connexité

Énoncé

On munit d'une norme quelconque. a) Montrer que est fermé et borné, donc compact. b) Montrer que est fermé mais non borné pour , donc non compact. c) En déduire que, pour toute , la quantité est atteinte. Qu'en est-il sur ? d) Où l'hypothèse de dimension finie est-elle utilisée ?

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. La compacité est définie par Bolzano-Weierstrass. Le théorème du cours invoqué ici est la caractérisation en dimension finie : une partie d'un espace normé de dimension finie est compacte si et seulement si elle est fermée et bornée — sa démonstration repose sur l'équivalence des normes, que le programme autorise à admettre. Borel-Lebesgue est hors programme et n'est utilisé nulle part.

a) Le groupe orthogonal est compact.

Fermé. L'application a pour coefficients les , polynômes en les coefficients de ; en dimension finie, une application dont chaque coordonnée est polynomiale est continue. Donc est l'image réciproque d'un fermé — un singleton — par une application continue : c'est un fermé.

Borné. Si , l'égalité lue coefficient par coefficient dit que les colonnes forment une famille orthonormée : , donc et Toutes les matrices orthogonales sont sur la sphère de rayon : la partie est bornée, et la bornitude ne dépend pas de la norme choisie, toutes étant équivalentes. Fermée et bornée dans , de dimension finie : est compact.

b) Le groupe spécial linéaire n'est pas compact. L'application est polynomiale donc continue, et est fermé. Mais pour et , la matrice a pour déterminant , donc appartient à , et : la partie n'est pas bornée, donc pas compacte.

c) Un supremum atteint, un qui ne l'est pas. L'application est linéaire, donc continue en dimension finie ; une application continue à valeurs réelles sur un compact non vide atteint ses bornes. Comme contient , il existe donc orthogonale telle que , et ce supremum est un maximum. Sur au contraire, avec , et , on a : le supremum vaut et n'est pas atteint. Le défaut de compacité se paie exactement là.

d) Où sert la dimension finie. À trois endroits qu'il faut savoir nommer : pour affirmer que les applications polynomiales en les coefficients sont continues ; pour affirmer que la forme linéaire est continue — en dimension infinie, une forme linéaire peut ne pas l'être ; et surtout pour passer de « fermé et borné » à « compact ». Cette implication est fausse en dimension infinie, et c'est précisément ce que le problème final démontre.

Ce que l'exercice installe. En dimension finie, une question de compacité se règle en lisant les équations qui définissent la partie : « » avec continue donne la fermeture, et c'est la géométrie de l'équation qui décide de la bornitude. L'équation borne, car elle contraint chaque colonne à être unitaire ; l'équation ne borne rien, un produit pouvant rester égal à avec des facteurs arbitrairement grands.

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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.