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Inversibilité de (A) par une dérivée nulle

Exercice classique · niveau 3 (difficile) · mathématiques (MP/MPI), chapitre 7 — Fonctions vectorielles · D. Formules de Taylor

Énoncé

Montrer que est constante, et en déduire que est inversible d'inverse (dériver le produit, bilinéaire : commute avec et la dérivée est nulle ; valeur en : — on retrouve sans produit de Cauchy le résultat du chapitre 5).

Corrigé

Stratégie. Au chapitre 5, l'inversibilité de demandait le produit de Cauchy et la formule du binôme. Ici, un seul calcul de dérivée suffit : c'est le gain de méthode qu'apporte la dérivation des fonctions à valeurs matricielles. On montre que a une dérivée identiquement nulle, donc est constante, et on lit sa valeur en .

Les deux ingrédients du cours.

Le calcul. Posons , et . Par (i) appliqué à , puis à : Par (ii) : Or, toujours par (i), : la matrice commute avec . Donc le second terme vaut , et

Le point délicat. On n'a pas utilisé une commutation générale entre matrices — elle serait fausse. On a utilisé la commutation particulière , qui, elle, est un fait démontré (c'est visible sur la série : commute avec chacune de ses propres puissances). C'est le seul endroit où il faut être attentif ; sans lui les deux termes ne se compensent pas.

Conclusion. est nulle sur l'intervalle ; coefficient par coefficient, est une fonction réelle de dérivée nulle sur un intervalle, donc constante. Donc est constante, et Ainsi pour tout ; en échangeant les rôles de et (ce que le raisonnement autorise, il n'a rien supposé sur ), on obtient de même . En :

Comparaison avec la voie du chapitre 5. Là-bas on établissait pour (produit de Cauchy binôme), puis on l'appliquait à . Ici on court-circuite : on ne démontre pas le morphisme, on démontre seulement le cas dont on a besoin, et une dérivation suffit. À noter que le résultat est plus fort qu'il n'y paraît : aucune hypothèse sur , qui peut être nilpotente, de déterminant nul, non diagonalisable — l'exponentielle ne sort jamais de . C'est cohérent avec .

Contrôle numérique. Avec tirée au hasard dans :

Les écarts croissent avec : ce n'est pas un défaut du théorème mais du calcul numérique de , dont l'erreur relative se propage en . La fonction, elle, est bien exactement constante.

Acquis. L'argument « dérivée nulle sur un intervalle, donc constante » est l'outil standard pour établir des identités entre fonctions matricielles ; on le retrouve pour , pour la constance du wronskien, et il fonde toute la théorie des systèmes différentiels linéaires , dont est la résolvante.

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