Norme constante, orthogonalité, et la dérivabilité de la norme
Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (MP/MPI), chapitre 7 — Fonctions vectorielles · A. Dérivabilité et opérations
Énoncé
Soient euclidien et dérivable.
a) Montrer que est constante si et seulement si pour tout . Interpréter cinématiquement.
b) Si de plus ne s'annule pas, montrer que est dérivable de dérivée , et que .
c) Donner un exemple où s'annule et où n'est pas dérivable en ce zéro ; puis un exemple où s'annule et où est pourtant dérivable.
Corrigé
La stratégie. On ne travaille jamais sur directement : la racine carrée n'est pas dérivable en . On travaille sur , dérivable sans hypothèse supplémentaire parce que le produit scalaire est bilinéaire, et l'on ne repasse à la norme qu'à la fin, là où c'est licite.
a) Norme constante et orthogonalité. Le produit scalaire est bilinéaire sur , de dimension finie : le théorème du cours donne dérivable avec Enchaînons les équivalences : est constante si et seulement si l'est (le carré est injectif sur , et ) ; est une fonction réelle dérivable sur l'intervalle , donc constante si et seulement si ; et . D'où
L'interprétation. Si est la position d'un mobile et sa vitesse : le mobile reste sur une sphère centrée à l'origine si et seulement si sa vitesse est à chaque instant orthogonale à son rayon vecteur. On le vérifie sur le cercle : .
b) La dérivabilité hors des zéros. Si ne s'annule pas, , et la racine carrée est dérivable sur de dérivée . Par composition, est dérivable avec Cauchy-Schwarz donne , d'où : la vitesse d'éloignement est toujours majorée par la vitesse, avec égalité exactement pour un mouvement radial. Noter enfin que, même en un zéro, la seconde inégalité triangulaire montre que reste continue : c'est cette continuité, et elle seule, qu'utilisera le lemme de Gronwall à l'exercice 8.
c) Ce qui se passe en un zéro. L'hypothèse « ne s'annule pas » est suffisante, pas nécessaire. Avec , on a , non dérivable en : le taux d'accroissement vaut , égal à à droite et à gauche. Avec , qui s'annule aussi en , on a , parfaitement dérivable. Le seul responsable est la racine carrée : là où ne s'annule pas, hérite de toute la régularité de , puisque l'a et que est de classe sur .
Ce que l'exercice installe. Dériver une application bilinéaire transforme une information analytique () en une information géométrique (orthogonalité). Retenir la démarche complète : on carre pour éviter la racine, on dérive par bilinéarité, on conclut par « dérivée nulle sur un intervalle », et l'on ne repasse à la norme qu'après s'être assuré qu'on ne divise pas par zéro.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.