L'intégrale de 1/√t(1-t) sur ]0,1[ vaut π
Exercice classique · niveau 3 (difficile) · mathématiques (MP/MPI), chapitre 8 — Intégration sur un intervalle quelconque · B. Calculs : IPP et changements de variable
Énoncé
Montrer que (deux bornes généralisées ; , strictement croissant de sur : ).
Corrigé
Stratégie. Deux bornes ouvertes, donc deux études de convergence menées séparément après un découpage de Chasles ; puis un changement de variable trigonométrique qui rend l'intégrande constante — c'est le miracle de cet exercice, et il vient de ce que est exactement la dérivée de , au facteur près.
Étape 1 — convergence. La fonction est continue et strictement positive sur ; elle n'est définie ni en ni en . On coupe en (Chasles) et on traite les deux bornes indépendamment.
- En : , donc . L'intégrale de référence converge si et seulement si (Riemann en borne finie, le miroir du critère à l'infini) ; ici . Par comparaison de fonctions positives, converge.
- En : le changement échange les deux bornes et laisse invariante ; donc et converge de même.
Donc converge ; étant positive, elle est intégrable sur .
Étape 2 — le changement de variable. Posons . Alors est de classe sur avec donc est strictement croissante, et comme et , c'est une bijection de classe de sur . Le théorème de changement de variable pour les intégrales généralisées (bijection monotone de classe entre les deux intervalles ouverts) s'applique : les deux intégrales sont de même nature et égales.
Étape 3 — le calcul. Pour , on a et , donc (sans valeur absolue, précisément parce que les deux facteurs sont positifs sur cet intervalle). D'où et
Le point délicat. Il faut choisir l'intervalle sur lequel est bijective. Sur tout entier, n'est pas injective (elle croît puis décroît), le théorème ne s'applique pas, et le calcul naïf donnerait , soit le double — chaque valeur de étant atteinte deux fois. De même, écrire sans vérifier le signe est la faute jumelle.
Une primitive exacte, pour le contrôle. Le même changement de variable donne, pour : car correspond à et à .
Contrôle numérique. Le calcul numérique direct de l'intégrale (avec découpe en pour isoler les deux singularités) donne soit un écart de . Les intégrales partielles confirment la formule exacte ci-dessus :
Les colonnes et coïncident chiffre pour chiffre : la primitive est la bonne. On lit au passage la lenteur de la convergence des intégrales partielles, en — il faut pour six décimales exactes. Une singularité en est intégrable, mais tout juste.
Acquis. C'est la loi arcsinus de la théorie des probabilités : la fonction est une densité sur — l'intégrale calculée ici est exactement sa constante de normalisation. On peut aussi la voir comme , la fonction bêta d'Euler, qui vaut puisque .
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.