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Méthode du second moment : minorer P(X>0)

Application directe du cours · niveau 3 (difficile) · mathématiques (MP/MPI), chapitre 9 — Variables aléatoires discrètes · C. Espérance, variance et covariance

Énoncé

Méthode du second moment : soit dans non nulle. Montrer que (Cauchy-Schwarz sur : — l'outil de base pour minorer des probabilités d'existence, omniprésent sur les graphes aléatoires).

Corrigé

Stratégie : faire apparaître un produit là où il n'y en a pas. Le membre de gauche est une probabilité, le membre de droite ne fait intervenir que des moments : le pont entre les deux ne peut être que l'inégalité de Cauchy-Schwarz, à condition de voir comme un produit de deux variables. Toute l'astuce tient en une ligne : étant positive, et sont la même variable. Cauchy-Schwarz appliqué à ce produit fait apparaître , et une indicatrice étant idempotente, cette quantité est la probabilité cherchée.

1) L'identité de départ. est à valeurs . Sur l'événement , l'indicatrice vaut et ; sur , l'indicatrice vaut et . Donc, en tout point de (identité entre variables aléatoires, pas seulement presque sûre) :

2) Cauchy-Schwarz. On a par hypothèse, et puisqu'elle est bornée (). Le théorème de Cauchy-Schwarz du cours s'applique au couple :

Par le 1), le membre de gauche est — et est bien défini, car (cours).

3) L'indicatrice est idempotente. Une indicatrice ne prend que les valeurs et , donc , et

En reportant : .

4) Division. est non nulle, c'est-à-dire . Alors : sinon, d'espérance nulle serait nulle presque sûrement (caractérisation de l'espérance nulle, cours), donc aussi, contradiction. On peut donc diviser :

⚠️ Le point délicat est l'étape 3. Sans la remarque « », on écrit sans savoir l'évaluer, et l'inégalité reste stérile. C'est exactement cette quantité qui produit la probabilité cherchée : toute la démonstration consiste à faire porter Cauchy-Schwarz par l'indicatrice plutôt que par toute seule. Second point à ne pas escamoter : l'hypothèse « non nulle » ne sert pas à faire joli, elle garantit , sans quoi le quotient n'a pas de sens.

5) Le cas d'égalité. L'égalité dans Cauchy-Schwarz équivaut (cours) à la colinéarité presque sûre de et , c'est-à-dire à l'existence de tel que presque sûrement : la borne est atteinte exactement pour les variables « tout ou rien », qui valent ou .

Contrôle chiffré.

loi de borne verdict
avec prob. , sinon170,1428570,142857égalité
0,10,110,0909090,095163serrée
120,5000000,632121
5300,8333330,993262lâche
uniforme sur 1,53,50,6428570,750000

La première ligne réalise l'égalité, comme le prévoit le 5) : c'est une variable tout ou rien. Pour , on a , donc la borne vaut , à comparer à la valeur exacte : en , (borne serrée à moins de ), en , (borne très lâche). La méthode est d'autant meilleure que la probabilité à minorer est petite — et c'est précisément le régime dans lequel on l'emploie.

Ce que l'exercice installe. Cette inégalité est le pendant par en bas de l'inégalité de Markov. Markov majore : . Le second moment minore : . Le schéma d'emploi est toujours le même — pour montrer qu'un objet aléatoire existe avec une probabilité non négligeable, on construit un compteur de ses occurrences (une somme d'indicatrices, comme dans l'exercice sur les points fixes), on calcule par linéarité et par les covariances, et l'inégalité fait le reste. C'est l'outil de base de la méthode probabiliste sur les graphes aléatoires : existence d'un triangle, d'une grande clique, d'un couplage parfait.

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