Séries de Bertrand : nature, reste, sommes partielles
Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PC), chapitre 6 — Séries Numériques · B. Comparaison série-intégrale
Énoncé
a) Déterminer, selon les réels et , la nature de (pour , comparer à une série de Riemann d'exposant ; pour , utiliser une comparaison série-intégrale).
b) Montrer que converge et que son reste vérifie ; plus généralement, pour , .
c) Montrer que .
d) Combien de termes de faut-il sommer pour approcher sa somme à près ?
Corrigé
La stratégie. Loin du bord , la puissance de l'emporte sur tout logarithme, et l'on compare à Riemann en glissant un exposant intermédiaire. Au bord, la puissance est exactement celle de la série harmonique, et c'est le logarithme qui décide : la fonction a une primitive explicite, et la comparaison série-intégrale donne la nature, puis la mesure.
a) La nature. Si : soit , de sorte que . Alors par croissances comparées, quel que soit le signe de : le terme général est négligeable devant , avec , et la série converge. Si : avec le même , désormais dans , : à partir d'un certain rang, le terme dépasse , avec , et la série diverge.
Si et : pour , , donc : la série diverge. Si et : la fonction est continue, positive et décroissante sur (son dénominateur est un produit de fonctions positives croissantes). Elle a pour primitive si , et si ; l'intégrale converge donc si et seulement si . Par comparaison série-intégrale, la série a la même nature.
Bilan : la série converge si et seulement si , ou bien et .
b) Le reste. Pour , est décroissante et le cours donne l'encadrement Comme , les deux bornes sont équivalentes à , et le reste aussi. Pour : — un reste qui décroît plus lentement que toute puissance de .
c) Les sommes partielles. Pour , est décroissante et la série diverge. Pour , la décroissance donne ; en sommant de à et en notant : Or : les deux bornes sont équivalentes à , qui tend vers , et . C'est le cas divergent du théorème de comparaison série-intégrale, qui remplace ici toute sommation d'équivalents : la fonction est monotone, et cela suffit.
d) Une précision inaccessible. Il faut . Il suffit que , c'est-à-dire ; et c'est nécessaire, à une unité près, puisque . Il faut donc sommer environ termes : aucun ordinateur n'y parviendra. Une série convergente peut être numériquement inutilisable.
Le point délicat. Au a), le glissement d'exposant est l'astuce : on ne compare pas à , dont la comparaison serait perdue par le facteur logarithmique, mais à avec strictement entre et , pour laisser une marge polynomiale qui écrase le logarithme.
Ce que l'exercice installe. Au bord de la règle de Riemann, le logarithme décide, et la comparaison série-intégrale mesure : reste en , sommes partielles en . C'est la méthode de la PC pour estimer restes et sommes partielles : dès que la fonction est monotone, l'encadrement par deux intégrales donne l'équivalent.
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