Adloun

Le principe de superposition : oscillateur forcé par une excitation périodique

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PC), chapitre 7 — Suites et Séries de Fonctions · D. Dérivation et intégration terme à terme

Énoncé

Soient un réel non entier et une suite réelle telle que la série converge. On pose, pour ,

1) Montrer que est définie, continue et -périodique sur .

2) Montrer que est de classe sur et que . D'où vient le « gain » de deux dérivées ?

3) Montrer que est l'unique solution -périodique de l'équation . (Les solutions de l'équation homogène sont les fonctions ; montrer qu'aucune n'est -périodique, hormis la solution nulle.)

4) On prend et . Calculer les amplitudes des trois premiers harmoniques de et commenter.

5) On suppose seulement que la suite est bornée. La série qui définit converge-t-elle encore normalement ? Quelle régularité de ce raisonnement garantit-il encore ?

Corrigé

La stratégie. Tout repose sur une majoration : le facteur décroît comme , ce qui compense exactement le facteur qu'apportent deux dérivations. La série des dérivées secondes converge alors normalement, et le théorème de dérivation terme à terme, dans sa version , autorise à dériver deux fois sous le signe somme. L'unicité, elle, relève de l'équation différentielle de première année.

Notons , bien défini puisque n'est pas entier, donc .

1) L'excitation. Pour tout réel , , majorant indépendant de et terme général d'une série convergente : la série converge normalement sur , ses termes sont continus, donc est définie et continue sur . Chaque somme partielle est -périodique ; en passant à la limite dans l'égalité des sommes partielles en et en , est -périodique.

2) La réponse est plus régulière que l'excitation. La majoration clé. Pour , on a , donc et Les indices sont en nombre fini. Par comparaison, la série converge, et a fortiori et , puisque pour .

La dérivation. Posons , de classe , avec et . Les bornes supérieures sur de , et sont au plus , et : les trois séries convergent normalement sur . Le théorème de dérivation terme à terme, dans son extension à la classe — convergence simple de et de , convergence uniforme de —, donne : est de classe sur , et . Par linéarité de la somme de séries convergentes, Le gain de deux dérivées. Le facteur , équivalent à , compense exactement le facteur que produisent deux dérivations : la réponse a deux dérivées de plus que l'excitation. Chaque facteur achète deux dérivées.

3) L'unicité de la réponse périodique. La fonction est -périodique, comme chacun de ses termes, et solution. Soit une solution -périodique. La différence vérifie : par le cours de première année sur les équations linéaires du second ordre à coefficients constants, il existe et réels tels que . La fonction est -périodique, et sa dérivée aussi (on dérive l'égalité ). En particulier et . Notons et ; comme et , ces deux égalités s'écrivent, après division de la seconde par , Le déterminant de ce système vaut , strictement positif parce que n'est pas entier : si et seulement si . Donc , et . La réponse -périodique est unique, et c'est .

4) La résonance, lue sur un dénominateur. Avec : Les harmoniques de l'excitation décroissent, dans les rapports , , ; ceux de la réponse, non : le troisième est le plus grand, près de trois fois le premier. C'est la résonance : la pulsation propre est voisine de , et le dénominateur est petit. Le signe moins traduit l'opposition de phase : l'harmonique est forcé à une pulsation supérieure à la pulsation propre. Les suivants retombent vite : , . C'est aussi pourquoi l'on a exclu entier : le dénominateur s'annulerait pour .

5) Si les coefficients sont seulement bornés. Supposons pour tout . Pour , : la série qui définit converge encore normalement sur , et est continue et -périodique. Mais la série des dérivées a des termes majorés seulement par , dont la série diverge : le raisonnement ne garantit plus que la continuité de , ni la classe , ni a fortiori la classe . Quant à l'excitation, elle peut ne plus être définie : pour , la série diverge grossièrement en . La décroissance des coefficients mesure la régularité, et le théorème de dérivation ne transfère que ce qu'elle permet.

Contrôle numérique. Les amplitudes calculées ci-dessus, à quatre chiffres : ; ; ; puis et .

Ce que l'exercice installe. La dérivation terme à terme justifie le principe de superposition : la réponse d'un système linéaire à une somme d'harmoniques est la somme des réponses, dès que la série des dérivées secondes converge uniformément. Et la décroissance des coefficients mesure la régularité : chaque facteur achète deux dérivées. En physique, c'est l'oscillateur mécanique ou le circuit RLC soumis à une tension périodique non sinusoïdale : l'harmonique le plus proche de la pulsation propre domine la réponse — c'est ainsi qu'un filtre sélectionne un harmonique.

Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre

Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.