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Le complexe au service du réel : Fabry–Pérot et intégrale de Poisson

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PC), chapitre 8 — Séries Entières · C. Développements en série entière

Énoncé

1) En écrivant et , développer en série entière et préciser le rayon.

2) Pour et , calculer et .

3) (Interférences à ondes multiples.) Dans un interféromètre de Fabry–Pérot, l'onde transmise est la superposition d'ondes dont les amplitudes complexes sont proportionnelles à , où est le coefficient de réflexion en intensité et le déphasage d'un aller-retour. Montrer que Où sont les maxima ? Que deviennent-ils quand ? Comparer au cas de ondes de même amplitude, vu en physique.

4) Pour et , montrer que (dériver par rapport à et utiliser la question 2).

5) En déduire, pour , que (intégrale de Poisson).

Corrigé

La stratégie. Les deux séries complexes du programme — la géométrique sur le disque unité ouvert, l'exponentielle sur — calculent des sommes réelles : on passe par , on somme, on redescend par la partie réelle ou le module. Le passage à la partie réelle est licite parce que est linéaire et continue () : elle commute avec la limite des sommes partielles.

1) Une exponentielle complexe. Pour réel, , donc . La série exponentielle complexe donne pour tout réel , et . En prenant la partie réelle terme à terme : Le rayon est infini : les coefficients sont majorés en module par , et converge pour tout . Les premiers coefficients valent , , , , , ; le développement limité direct redonne bien à l'ordre .

2) La série géométrique complexe. Le complexe est de module , donc avec . En séparant parties réelle et imaginaire : Le calcul n'a utilisé que : il vaut pour tout , ce qui servira à la question 4.

3) La fonction d'Airy du Fabry–Pérot. Par la question 2, , dont le carré du module vaut . Or : c'est la formule annoncée.

Les maxima. Le dénominateur est minimal quand , c'est-à-dire : toutes les ondes sont alors en phase, et l'intensité vaut . Les minima, en , valent .

Quand . Les maxima tendent vers l'infini, et les pics s'affinent : l'intensité tombe à la moitié de son maximum quand , soit pour voisin de ; la largeur totale à mi-hauteur vaut donc environ , qui tend vers . Le rapport de l'écart entre deux pics à cette largeur est la finesse, .

Comparaison avec ondes de même amplitude. La somme géométrique finie donne : des maxima principaux de hauteur en , de largeur de l'ordre de , séparés par des maxima secondaires. Le Fabry–Pérot se comporte comme un réseau d'un nombre effectif d'ondes de l'ordre de , mais sans maxima secondaires : c'est le cas infini des ondes, avec des amplitudes décroissantes.

4) Un logarithme développé par sa dérivée. Fixons . Pour , , puisque : la fonction est définie et dérivable sur , et, en notant , La série a des coefficients bornés, donc un rayon au moins égal à . Pour , la question 2, valable sur , donne égalité encore vraie en , où les deux membres valent . Donc sur . On primitive terme à terme, sans changement de rayon, avec :

5) L'intégrale de Poisson. Fixons et regardons la série de la question 4 comme une série de fonctions de sur le segment : , majorant indépendant de et de série convergente. La convergence est normale, les termes sont continus : on intègre terme à terme sur . Or, pour , . Donc Pour , en factorisant , on se ramène au cas précédent en , et l'intégrale vaut .

Contrôle numérique. Pour et , la formule donne , et la somme directe de trois mille ondes la même valeur ; les maxima valent et les minima ; la largeur à mi-hauteur vaut et la finesse . L'intégrale de Poisson, calculée par quadrature en , est nulle à la précision de la machine, et vaut en .

Ce que l'exercice installe. Passer par pour calculer dans : les séries géométrique et exponentielle complexes somment des séries trigonométriques, et la partie réelle, linéaire et continue, les ramène au réel. En physique, c'est le calcul même des interférences à ondes multiples. Et l'intégrale de Poisson a un sens d'électrostatique plane : est le double du logarithme de la distance du point au point du cercle unité d'angle . La moyenne de ce logarithme de la distance sur le cercle est donc nulle quand est à l'intérieur, et vaut quand il est à l'extérieur — un cercle uniformément chargé crée un potentiel constant à l'intérieur, et, à l'extérieur, celui de sa charge placée au centre : c'est le théorème de Gauss dans le plan.

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