La famille : une base si et seulement si est impair
Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PCSI), chapitre 12 — Déterminants · B. Propriétés et raisonnements
Énoncé
Soit un -espace vectoriel de dimension , une base de et une famille de . On pose pour , et .
1) Calculer pour et pour , en fonction de , en développant par linéarité par rapport à chaque variable.
2) Dans le cas général, le développement de par linéarité par rapport à chaque variable fournit termes , où pour chaque (l'indice désignant ). Montrer qu'un tel terme est nul sauf si pour tout , ou pour tout .
3) Montrer que (faire remonter par échanges successifs). En déduire .
4) On suppose que est une base de . Montrer que est une base si et seulement si est impair ; pour pair, exhiber une relation de dépendance linéaire entre les .
Corrigé
Ce qu'on a le droit d'utiliser. est linéaire par rapport à chacune de ses variables, les autres étant fixées ; il est alterné — nul dès que deux vecteurs sont égaux — et, par conséquent, échanger deux vecteurs change son signe ; une famille de vecteurs est une base si et seulement si son déterminant dans est non nul. Aucune formule explicite n'est nécessaire.
1) Les petites dimensions. Pour , et sont égaux : . Le développement le confirme : Pour , le développement de compte termes : ou en première position, ou en deuxième, ou en troisième. Tout terme où un vecteur apparaît deux fois est nul ; restent et . Le second se ramène au premier par deux échanges — positions et , qui donnent , puis positions et —, donc avec le signe . Ainsi .
2) Les termes qui survivent. Un terme est nul dès que deux positions portent le même vecteur, c'est-à-dire dès que n'est pas injective. Cherchons les choix injectifs.
- Si : vaut ou , et est pris, donc ; puis vaut ou , et est pris, donc ; en remontant ainsi jusqu'à , on obtient pour tout .
- Si : vaut ou , et est pris, donc ; de proche en proche, jusqu'à ; enfin vaut ou , et est pris : .
Il ne reste que et .
3) Le terme décalé. Dans , échangeons avec son voisin de gauche, puis avec le suivant, et ainsi de suite : après échanges de voisins, est en tête et les autres vecteurs ont été décalés d'un cran sans changer d'ordre. Chaque échange multiplie le déterminant par : Avec le 2), et puisque : On retrouve pour et pour .
4) La parité. Si est une base, , et est non nul si et seulement si : le facteur vaut pour impair, pour pair. Donc est une base si et seulement si est impair. La relation pour pair. Dans la somme alternée , chaque avec apparaît dans , avec le signe , et dans , avec le signe : les deux se compensent. Le vecteur apparaît dans avec le signe et dans avec le signe . Donc nul pour pair : , relation à coefficients tous non nuls. Pour impair, la même somme vaut , ce qui redonne à partir des .
Le point délicat. Le développement produit termes qu'il serait impossible d'écrire ; tout le travail consiste à montrer que presque tous sont nuls, par le caractère alterné, en suivant de proche en proche la contrainte « deux positions ne portent jamais le même vecteur ». Et le signe du terme survivant se calcule sans aucune notion de permutation : en comptant des échanges de voisins.
Ce que l'exercice installe. La multilinéarité et le caractère alterné suffisent à calculer un déterminant sans écrire de matrice, et le critère « base si et seulement si déterminant non nul » change une question de liberté en un calcul de signe. En traitement du signal, c'est le fait qu'une moyenne glissante sur deux points efface le signal alterné : sur un anneau de points, ce signal n'existe que si est pair.
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