Équations intégrales : le circuit RC et l'oscillateur
Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PCSI), chapitre 13 — Intégration · D. Théorème fondamental et suites d'intégrales
Énoncé
a) Soit continue et, pour , . Montrer que est de classe , que et que (écrire ). Interpréter : si est l'accélération d'un mobile parti de l'origine sans vitesse, la variable jouant le rôle du temps, que représente ?
b) (Circuit RC) Un générateur de force électromotrice constante , un conducteur ohmique de résistance et un condensateur de capacité , initialement déchargé, sont montés en série ; on ferme le circuit à l'instant . La loi des mailles s'écrit , où est l'intensité et la charge du condensateur. Déterminer les fonctions continues telles que, pour tout , On montrera que est de classe , puis qu'elle résout un problème de Cauchy ; ne pas oublier la réciproque.
c) (Oscillateur) Soit . Déterminer les fonctions continues telles que Quelle loi physique cette équation traduit-elle ?
Corrigé
La stratégie. Une équation intégrale se ramène à une équation différentielle en gagnant de la régularité : l'inconnue, seulement supposée continue, est égale à une expression contenant une intégrale de l'inconnue, donc une fonction de classe par le théorème fondamental ; elle est donc elle-même de classe , et l'on peut dériver. La condition initiale se lit en , où l'intégrale est nulle. Reste la réciproque, car dériver fait perdre de l'information : deux fonctions de même dérivée ne sont égales qu'à une constante près.
a) La double primitive. Le point délicat d'abord. L'intégrande dépend de : le théorème fondamental ne s'applique pas directement, il dérive une intégrale dont l'intégrande ne dépend pas de la borne. On sort donc , constante pour l'intégration en : par linéarité, Par le théorème fondamental, et sont de classe , avec et . Donc est de classe et ; comme est de classe de dérivée , est de classe et . Enfin et .
L'interprétation. La position du mobile vérifie , , : un problème de Cauchy pour une équation linéaire du second ordre à coefficients constants, ici nuls, et à second membre continu, qui a une unique solution. Comme en est une, est la position du mobile. La formule se lit comme une somme de contributions : l'accroissement de vitesse acquis à l'instant est conservé pendant la durée qui reste, et contribue pour au déplacement.
b) Le circuit RC. Analyse. Soit une solution continue, et , de classe sur l'intervalle par le théorème fondamental, avec . L'équation donne : est de classe , comme . En dérivant, ; en , l'intégrale est nulle et . Ainsi résout le problème de Cauchy et par le théorème d'existence et d'unicité, est la seule candidate.
Synthèse. Soit et . Par le théorème fondamental, , puisque . De dérivée nulle sur un intervalle, est constante : . La candidate convient.
Conclusion. L'unique solution est . À la fermeture, le condensateur déchargé se comporte comme un fil et le courant vaut ; il décroît ensuite avec la constante de temps , tandis que la charge tend vers .
Le point délicat. La condition initiale n'est écrite nulle part dans l'équation intégrale : elle y est contenue, et on l'en extrait en faisant . C'est elle qui fixe la constante que la dérivation avait fait disparaître ; dériver seul donnerait toutes les fonctions .
c) L'oscillateur. Analyse. Soit une solution continue, et : par le a), est de classe , et . L'équation s'écrit : est de classe , et Les solutions de sont les ; les conditions initiales donnent et . Par unicité, est la seule candidate.
Synthèse. Pour et construite à partir d'elle, vérifie , et . La fonction , de dérivée nulle sur l'intervalle , est constante, égale à ; alors est constante, égale à . La candidate convient.
La loi physique. C'est l'oscillateur harmonique — une masse accrochée à un ressort, avec — lâché de la position sans vitesse initiale, écrit sous forme intégrale : d'après le a), la position vaut la position initiale, plus la double intégrale de l'accélération, et l'accélération vaut fois la position. C'est la loi de Newton intégrée deux fois.
Ce que l'exercice installe. Une équation intégrale est un problème de Cauchy : la régularité se gagne en intégrant, l'équation différentielle se lit en dérivant, la condition initiale en , et la réciproque se vérifie en dérivant la différence des deux membres. En physique, c'est le va-et-vient permanent entre forme intégrale et forme différentielle d'une loi — la loi des mailles écrite avec la charge ou avec l'intensité, la position obtenue en intégrant deux fois l'accélération —, à condition de garder les conditions initiales, que la forme intégrale contient et que la forme différentielle oublie.
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