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Le parallélogramme, une identité qui devient un test

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PCSI), chapitre 16 — Espaces préhilbertiens réels · B. Cauchy-Schwarz et normes

Énoncé

Soit un espace préhilbertien réel.

a) Montrer que . En déduire qu'un parallélogramme a des diagonales perpendiculaires si et seulement si c'est un losange.

b) Établir l'identité du parallélogramme et l'interpréter sur une figure. En déduire, pour un triangle du plan et le milieu de , le théorème de la médiane : .

c) Montrer la formule de polarisation : la norme détermine le produit scalaire.

d) Sur , on pose (« distance du taxi ») et . Vérifier que , et . Existe-t-il un produit scalaire sur dont la norme associée soit ? ? (Tester l'identité du parallélogramme sur et .)

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. L'identité remarquable du cours, , qui n'est que la bilinéarité et la symétrie appliquées à ; et la même avec à la place de , .

a) Les diagonales du losange. Par bilinéarité, , et les deux termes croisés se détruisent par symétrie : il reste . Sur le parallélogramme construit sur et , les diagonales sont et : elles sont perpendiculaires si et seulement si , c'est-à-dire si deux côtés consécutifs, donc tous les côtés, ont la même longueur — si et seulement si c'est un losange.

b) Le parallélogramme et la médiane. En additionnant les deux identités remarquables, les termes se détruisent : Sur la figure : les quatre côtés mesurent , , , et les diagonales et : la somme des carrés des deux diagonales égale la somme des carrés des quatre côtés — et, pour un rectangle, c'est Pythagore.

La médiane. Posons et . Le milieu de vérifie , et . L'identité s'écrit , soit, en divisant par ,

c) La polarisation. En soustrayant les deux identités remarquables au lieu de les ajouter : , d'où la formule. Le produit scalaire s'exprime à partir des seules normes : deux produits scalaires qui ont la même norme sont égaux.

d) Le test. Les propriétés de . ; par l'inégalité triangulaire dans , coordonnée par coordonnée ; et une somme de deux valeurs absolues est nulle si et seulement si les deux le sont.

Aucun produit scalaire ne donne . Raisonnons par l'absurde : si était la norme associée à un produit scalaire, elle vérifierait l'identité du b), démontrée pour toute norme associée à un produit scalaire. Or, avec et : Comme , aucun produit scalaire n'a pour norme. Pour , les mêmes vecteurs donnent contre : ne vient d'aucun produit scalaire non plus. Contrôle dans canonique, avec et : .

Le point délicat. Le d) ne prouve rien de positif : il utilise une condition nécessaire — toute norme associée à un produit scalaire satisfait l'identité du parallélogramme — pour exclure. Une identité, vraie sans hypothèse dans tout espace préhilbertien, devient un critère de refus dès qu'on la teste sur une « longueur » candidate.

Ce que l'exercice installe. La norme code le produit scalaire : connaître les longueurs, c'est connaître les angles. Et toutes les façons de mesurer les longueurs ne sont pas euclidiennes : la distance du taxi, qui compte les pâtés de maisons, et le maximum des écarts, celui des tolérances en métrologie, échouent au test du parallélogramme.

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