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Supplémentaire orthogonal : la dimension finie est une vraie hypothèse

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (PCSI), chapitre 16 — Espaces préhilbertiens réels · C. Orthogonalité et Gram-Schmidt

Énoncé

a) Soient deux parties d'un espace préhilbertien réel . Montrer que , que , et que .

b) On suppose euclidien et un sous-espace de . Montrer que .

c) Soit muni de , et . Montrer que est un hyperplan de , puis que (si , calculer ). En déduire et . Quelle hypothèse du théorème du supplémentaire orthogonal est en défaut ?

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. La définition , qui est un sous-espace ; le théorème du supplémentaire orthogonal — si est de dimension finie, , et en dimension finie , ; le théorème « continue, positive, d'intégrale nulle, donc nulle ».

a) Les propriétés formelles. Renversement : si , est orthogonal à tout élément de , donc à tout élément de : . Double orthogonal : si , alors pour tout , par définition même de ; donc . Sous-espace engendré : donne, par renversement, ; réciproquement, si et avec les dans , alors par linéarité. Égalité.

b) L'involution en dimension finie. Soit . Par le a), . Les dimensions : , puis . Un sous-espace inclus dans un autre et de même dimension finie lui est égal : .

c) Le contre-exemple en dimension infinie. est un hyperplan : l'application est une forme linéaire, non nulle puisque , et est son noyau.

. Soit . Le polynôme s'annule en , donc , et : La fonction est continue et positive sur , d'intégrale nulle : elle est nulle. Donc pour tout : a une infinité de racines, .

Les conséquences. , alors que puisque : l'égalité du b) est fausse ici. Et : l'hyperplan n'a pas de supplémentaire orthogonal.

L'hypothèse en défaut. Le théorème du supplémentaire orthogonal exige que le sous-espace soit de dimension finie — pour disposer d'une base orthonormée avec laquelle on construit le projeté. Or contient la famille libre infinie : il est de dimension infinie. Ce n'est pas l'espace qui est en cause, c'est le sous-espace.

Le point délicat. Ne pas confondre « a un supplémentaire », vrai — convient, puisque tout polynôme s'écrit —, et « a un supplémentaire orthogonal », faux : n'est pas orthogonal à , car , et aucun autre ne l'est, puisque est nul.

Ce que l'exercice installe. En dimension finie, l'orthogonal est un dictionnaire parfait : il fait passer des générateurs d'un sous-espace à ses équations, et retour. En dimension infinie, ce dictionnaire peut se déchirer, et la dimension finie du sous-espace, dans le théorème de projection, est une vraie hypothèse, pas une précaution de rédaction.

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