Le théorème d'Olivier
Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (PCSI), chapitre 17 — Séries numériques · B. Séries à termes positifs
Énoncé
On étudie ce que la convergence d'une série positive impose à la taille de ses termes.
a) Soit une suite positive décroissante telle que converge. En minorant , montrer que , puis que .
b) Montrer que la décroissance est indispensable (considérer la suite définie par si est un carré parfait, sinon).
c) Montrer que diverge, bien que son exposant soit strictement supérieur à . La condition suffit-elle à la convergence d'une série positive décroissante ? (Penser à .)
Corrigé
Ce qu'on a le droit d'utiliser. Les sommes partielles ont une limite ; le principe fondamental des séries positives ; les équivalents ; et, si et tendent vers , alors tend vers .
La stratégie. Découper la somme en paquets : pour une suite décroissante, un paquet de termes vaut au moins fois son dernier terme ; pour une série convergente, un paquet lointain est petit.
a) Le théorème. Pour , la décroissance donne ; le paquet compte termes, donc puisque et tendent toutes deux vers . Par encadrement, . Pour les indices impairs, donne . Les suites extraites d'indices pairs et impairs de tendent vers : , c'est-à-dire . C'est le théorème d'Olivier (1827). Sa contraposée est un critère de divergence : si est positive et décroissante et si ne tend pas vers , la série diverge.
Le point délicat. La décroissance sert à une seule place, décisive : comparer chaque terme du paquet au dernier. Le même paquet, pour , donnait et la divergence de la série harmonique : c'est le même argument, lu dans l'autre sens.
b) Sans décroissance, le théorème tombe. Soit si est un carré parfait, sinon ; cette suite est positive. Les termes d'indice carré, , valent , et les autres au plus , donc les sommes partielles sont majorées, la série converge. Pourtant pour tout carré : ne tend pas vers . La suite n'est pas décroissante () : sa masse est concentrée sur des indices trop rares pour faire diverger la série.
c) Un exposant qui trompe, une condition qui ne suffit pas. La série . On écrit , avec puisque ; donc . Première preuve : , série harmonique divergente. Seconde preuve, par Olivier : avec , et sur (la fonction croît, de dérivée , et vaut en ) : décroît, et , donc la série diverge. Riemann exige un exposant fixe ; celui-ci tend vers , et trop vite. Contrôle : pour , .
La condition ne suffit pas. La suite () est positive, décroissante, et . Pourtant la série diverge, et les paquets le montrent encore, cette fois de taille doublée : pour , le paquet des indices compte termes, tous au moins égaux au dernier, , donc En réunissant les paquets : , qui tend vers avec . Les sommes partielles ne sont pas majorées : la série diverge. La condition d'Olivier est nécessaire, pas suffisante.
Ce que l'exercice installe. Le paquet : pour une suite décroissante, termes consécutifs valent au moins fois le dernier. Il donne une condition nécessaire de convergence, dont la contraposée est un critère de divergence, et, en paquets dyadiques, la divergence de ; sans la monotonie, tout tombe.
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