Adloun

Séries numériques

Cours complet · mathématiques (PCSI), chapitre 17 · CPGE PCSI (1re année)

Travailler ce chapitre sur Adloun Exercices corrigés de ce chapitre

<i class="fa-solid fa-compass mr-2" style="color:#9A563B"></i>17.1 Introduction et motivation

Que vaut ? Et ? Donner un sens à une somme infinie : tel est l'objet des séries, qui prolongent l'étude des suites numériques et offrent un terrain d'application royal à l'analyse asymptotique. Les objectifs majeurs portent sur les séries à termes positifs et la convergence absolue — pour laquelle on introduit aussi le vocabulaire de la sommabilité de la suite , sans aucun développement théorique : ce cadre restreint suffit à traiter toutes les séries de l'année, et prépare l'étude générale menée en deuxième année.

17.2 Convergence et divergence

Définition 17.1Série, somme

À une suite de nombres complexes, on associe la suite de ses sommes partielles . La série converge si converge ; sa limite est alors la somme, notée . Sinon, la série diverge. La somme est linéaire : (séries convergentes).

Proposition 17.2Condition nécessaire et divergence grossière

Si converge, alors (car ). La réciproque est fausse (série harmonique !). Si , la série diverge grossièrement.

Définition 17.3Reste

Si converge, son reste d'ordre est : il tend vers , et mesure l'erreur d'approximation de la somme par la somme partielle.

◆Théorème 17.4Lien suite-série

La suite et la série télescopique sont de même nature (les sommes partielles de la série valent ). Étudier une suite, c'est étudier une série, et réciproquement : les deux théories n'en font qu'une.

◆Théorème 17.5Séries géométriques et exponentielle
  • La série géométrique () converge si et seulement si , et alors

(sommes partielles , chapitre sur le calcul algébrique ; divergence grossière si ).

  • Pour tout :

(pour réel, c'est l'inégalité de Taylor-Lagrange du chapitre sur l'intégration, avec un reste ; pour complexe, la relation est admise — la convergence absolue, plus bas, garantit du moins que la série a bien un sens).

17.3 Séries à termes positifs ou nuls

Définition 17.6Convention de calcul dans

On munit des conventions de calcul naturelles (, pour , etc.) et du prolongement de la relation d'ordre usuelle : pour tout . Pour une série à termes dans qui diverge, on convient de noter

Ainsi, pour une série à termes positifs, la notation a toujours un sens dans , et la convergence s'écrit simplement .

◆Théorème 17.7Le principe fondamental

Une série à termes positifs converge si et seulement si la suite de ses sommes partielles est majorée (la suite est croissante : théorème de la limite monotone, chapitre sur les suites). Sinon, — en cohérence avec la notation .

◆Théorème 17.8Comparaison et équivalents

Soient et positives.

  • Comparaison : si pour tout , la convergence de implique celle de (et la divergence de celle de ).
  • Équivalents : si , les séries et sont de même nature.
Démonstration (Démonstration pour les équivalents)

Si , alors à partir d'un rang : , et la comparaison s'applique dans les deux sens (les premiers termes ne changent pas la nature).

◆Théorème 17.9Comparaison série-intégrale

Soit monotone (disons décroissante, positive) sur . La méthode des rectangles (chapitre sur l'intégration) encadre les sommes partielles :

Applications : nature de et comportement asymptotique des sommes partielles (par exemple , en encadrant par et — l'étude des limites retrouvée).

◆Théorème 17.10Séries de Riemann

Démonstration

Comparaison avec : pour , les primitives sont bornées si et seulement si ; pour , . Ce sont les étalons de comparaison : toute étude de série positive commence par chercher un équivalent en (les développements limités de l'analyse asymptotique sont l'outil).

17.4 Séries absolument convergentes, suites sommables

Définition 17.11Convergence absolue, sommabilité

La série complexe est absolument convergente si converge — ce que la convention précédente permet de noter

On dit aussi que la suite est sommable, et la somme est alors appelée somme de la suite sommable . Ce vocabulaire, qui prendra tout son sens en deuxième année, n'appelle ici aucun développement théorique : sommable = absolument convergente.

◆Théorème 17.12Convergence absolue convergence

Toute série numérique absolument convergente est convergente, et . (Le critère de Cauchy est hors programme : pour une série réelle, écrire avec et comparer ; le cas complexe sépare parties réelle et imaginaire.)

◆Théorème 17.13Le critère de domination

Si est complexe, positive avec et convergente, alors est absolument convergente, donc convergente.

iRemarqueLa stratégie générale

Face à quelconque : 1) le terme tend-il vers ? (sinon, divergence grossière) ; 2) tenter la convergence absolue par comparaison/équivalent/domination avec une série de Riemann ou géométrique (en pratique : suffit pour conclure). Toutes les séries rencontrées cette année relèvent de ces deux outils : l'étude des séries convergentes sans converger absolument (critère de Cauchy, semi-convergence) est hors programme et attend la deuxième année.

Continuer sur Adloun : animation, QCM, fiches, exercices