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Orthogonale et symétrique : les symétries orthogonales

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (PSI), chapitre 4 — Endomorphismes des Espaces Euclidiens et Isométries

Énoncé

Montrer qu'une matrice à la fois orthogonale et symétrique vérifie : c'est la matrice d'une symétrie orthogonale ; réciproque ? (Spectre et théorème spectral : diagonalisable en b.o.n.)

Corrigé

Stratégie. Les deux hypothèses se combinent en une ligne : . Toute la richesse de l'exercice est dans la lecture géométrique et dans la réciproque, où il faut voir que la symétrie de n'apporte pas seulement l'involutivité, mais l'orthogonalité de la décomposition qu'elle définit.

Toutes les matrices sont réelles de taille , et l'on travaille dans muni du produit scalaire canonique , pour lequel la base canonique est orthonormée.

1. . orthogonale signifie ; symétrique signifie . En substituant la seconde dans la première :

2. Lecture géométrique : est une symétrie. Notons . De on tire que annule : ce polynôme est scindé à racines simples, donc est diagonalisable et . Posons (l'identité le montre directement : le premier terme est fixé par , le second changé en son opposé, grâce à ). L'endomorphisme est donc la symétrie par rapport à parallèlement à .

3. La décomposition est orthogonale. C'est ici que la symétrie de intervient une seconde fois. Pour et : où l'on a utilisé successivement , puis , puis . Donc , c'est-à-dire : , et comme , on a Ainsi est la symétrie orthogonale par rapport à . (Remarquons que ce calcul n'utilise que la transposée dans une base orthonormée : aucune notion supplémentaire n'est requise.)

4. Réciproque : oui, et c'est une caractérisation. Soit une symétrie orthogonale par rapport à un sous-espace de dimension , et soit sa matrice dans une base orthonormée. Concaténons une base orthonormée de et une base orthonormée de : les deux sous-espaces étant orthogonaux, on obtient une base orthonormée de , dans laquelle qui est manifestement symétrique, et orthogonale puisque . Le passage de à une autre base orthonormée se fait par une matrice de passage orthogonale, donc , et alors On a donc l'équivalence exacte :

Point délicat : les deux hypothèses sont indispensables. La seule relation ne suffit pas — elle ne donne qu'une symétrie, éventuellement oblique. Ainsi mais sa deuxième colonne est de norme : n'est pas orthogonale (ni symétrique). Sa direction de projection n'est pas perpendiculaire à son axe.

Contrôle chiffré. Prenons le vecteur unitaire et , c'est-à-dire

Ce qui est acquis. « Orthogonale » contrôle les longueurs, « symétrique » contrôle les angles entre espaces propres : ensemble, elles ne laissent subsister que les symétries orthogonales. C'est le cas d'égalité entre les deux grandes familles d'opérateurs du chapitre.

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