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Densité des matrices inversibles et χ_AB = χ_BA

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (PSI), chapitre 5 — Espaces Vectoriels Normés et Topologie

Énoncé

Montrer que est dense dans (exercice résolu 9), et en déduire, par densité et continuité, l'identité pour toutes matrices (la prouver d'abord pour inversible : et semblables, chapitre 2 ; puis figer et faire tendre des inversibles vers — le grand classique du raisonnement par densité).

Corrigé

Stratégie : deux temps bien séparés. On fabrique d'abord, à partir d'une matrice quelconque, des matrices inversibles arbitrairement proches d'elle. On démontre ensuite l'identité voulue là où elle est facile — sur les matrices inversibles — et l'on transporte le résultat partout par continuité. C'est le schéma complet du raisonnement par densité : une identité entre applications continues, vraie sur une partie dense, est vraie partout.

Étape 1 — est dense dans .

Soit . Considérons la fonction polynomiale C'est un polynôme de degré exactement en (coefficient dominant ) : il n'est pas le polynôme nul, donc il possède au plus racines réelles.

Il existe donc un entier tel que, pour tout , le réel ne soit pas racine. Posons alors, pour , Par construction , donc ; et Tout élément de est ainsi limite d'une suite d'éléments de : c'est exactement la caractérisation séquentielle de la densité, et est dense dans .

(La norme est indifférente : est de dimension finie , toutes ses normes sont équivalentes et les notions topologiques ne dépendent donc pas du choix fait.)

Étape 2 — l'identité pour inversible.

Si , alors donc et sont semblables. Deux matrices semblables ont même polynôme caractéristique : la multiplicativité du déterminant faisant disparaître . Donc dès que est inversible.

Étape 3 — passage à la limite.

Fixons et considérons les deux applications à valeurs dans , espace de dimension finie .

Chaque coefficient de est un polynôme en les coefficients de (développement du déterminant), et chaque coefficient de est un polynôme — même linéaire — en les coefficients de . Par composition, chaque coefficient de est polynomial en les coefficients de : est continue (continuité des applications polynomiales en dimension finie). De même pour .

Or et coïncident sur (étape 2), qui est dense dans (étape 1). Deux applications continues qui coïncident sur une partie dense sont égales. Donc sur tout entier :

Le point délicat. L'étape 2 est fausse comme argument pour non inversible : et ne sont alors plus semblables en général. Ce n'est donc pas l'égalité des matrices que l'on prolonge, mais l'égalité de deux fonctions continues de . C'est pour cela qu'il faut figer : à variable, on ne saurait plus de quelle application on parle.

Contrôle. Prenons , de déterminant nul (l'étape 2 ne s'y applique pas), et . Alors Ces deux matrices ne sont visiblement pas égales, mais et : les deux polynômes caractéristiques valent . ✓ Et l'on voit la suite approchante à l'œuvre : a pour déterminant pour , donc toutes ces matrices sont bien inversibles.

Acquis. Une identité polynomiale entre matrices se démontre sur les inversibles — où l'on dispose de — puis se propage à toutes les matrices. C'est le même mouvement que « une identité vraie sur est vraie sur » de l'exercice résolu 5, transposé de à .

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