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Horner, Taylor, et la translation qui dépouille

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PTSI), chapitre 10 — Polynômes · D. Dérivation, Taylor, multiplicités

Énoncé

Soit , avec et , et soit .

a) (Schéma de Horner.) On pose et pour . Montrer que avec ; en déduire que , obtenu avec multiplications.

b) Montrer que : une seconde passe de Horner, sur , donne .

c) On divise par , puis le nouveau quotient par , et ainsi de suite ; on note les restes successifs et le dernier quotient, qui est constant. Montrer que , puis que : la formule de Taylor en est une suite de divisions par . Combien de multiplications coûte ce changement d'origine ?

d) Montrer que le coefficient de dans est ; en déduire l'unique qui l'annule, et l'interpréter à l'aide de la somme des racines lorsque est scindé. Application : calculer pour par la méthode du c), et en déduire les racines de .

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. La division euclidienne et son unicité, la méthode de Horner, la dérivée d'un produit, la formule de Taylor et l'unicité de l'écriture (établie dans la démonstration du cours), la somme des racines d'un polynôme scindé. La stratégie : prendre au sérieux le « bonus » du cours — Horner évalue et divise — et l'itérer.

a) Horner divise. Développons : . Le coefficient de est ; pour , celui de est ; le coefficient constant est . Donc — c'est la division euclidienne par , par unicité —, et en , , chaque étape coûtant une multiplication.

b) La dérivée par une seconde passe. En dérivant , , et en , . Exemple : pour et , la première passe donne , puis , puis , puis : et ; la seconde passe donne , puis , puis : . Contrôle : vaut bien en .

c) Taylor par divisions successives. Notons et la division de par ; chaque division abaisse le degré d'un, et est la constante . En remontant, Or l'écriture d'un polynôme de degré sous la forme est unique, et la formule de Taylor en donne les coefficients, : . Le coût : diviser un polynôme de degré par coûte multiplications, et les degrés successifs sont , soit multiplications — sans calculer une seule dérivée.

d) La translation qui dépouille. Dans , seuls les termes et contiennent : en apporte (binôme, « parmi » vaut ) et en apporte . Le coefficient de est donc , nul pour l'unique valeur . Si est scindé, la somme de ses racines vaut : est la moyenne des racines, et translater l'origine au barycentre des racines tue le terme de degré . Application : , et l'on divise successivement par :

Donc , et les racines de sont , de moyenne ; on vérifie que .

Le point délicat. Au c), ne vient pas d'un calcul de dérivées mais de l'unicité de l'écriture en puissances de : deux méthodes qui produisent une telle écriture produisent la même.

Ce que l'exercice installe. La formule de Taylor d'un polynôme est une suite de divisions par . C'est le calcul de Newton en 1669 sur : il pose , trouve par ces divisions , néglige et devant , obtient , et recommence — la racine vaut ; c'est le germe de la méthode de Newton, qui fera le problème du TD 8. Et la translation au barycentre ramène toute équation du troisième degré à la forme , celle de l'exercice suivant.

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