Adloun

Réunion de sous-espaces, et le vecteur générique

Exercice de TD · niveau 3 (difficile) · mathématiques (PTSI), chapitre 11 — Espaces vectoriels et applications linéaires · A. Espaces et sous-espaces vectoriels

Énoncé

Soit un -espace vectoriel, avec ou .

1) Soient et deux sous-espaces vectoriels de . Montrer que est un sous-espace vectoriel si et seulement si ou . (Si aucune inclusion n'a lieu, prendre , et examiner .)

2) En déduire que n'est pas la réunion de deux sous-espaces stricts.

3) Soient des sous-espaces stricts de (c'est-à-dire différents de ). On veut montrer que ; on raisonne par l'absurde, en choisissant minimal.

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. La caractérisation d'un sous-espace : il contient et il est stable par combinaison linéaire ; en particulier, si est un sous-espace et si , alors équivaut à .

1) La réunion de deux sous-espaces. Le sens facile. Si , alors , qui est un sous-espace ; de même si .

Le sens difficile, par contraposée. Supposons qu'aucune inclusion n'ait lieu : il existe et . Examinons . Si appartenait à , alors appartiendrait à , puisque est stable par différence — contradiction avec . Si appartenait à , alors de même — contradiction. Donc , alors que et y sont : la réunion n'est pas stable par addition, ce n'est pas un sous-espace.

Le point délicat. Deux des trois conditions sont gratuites : contient toujours , et elle est toujours stable par multiplication par un scalaire, puisque chacun de ses éléments est dans ou dans . C'est donc du côté d'une somme qu'il faut chercher le contre-exemple, et le construire avec un vecteur hors de chacun des deux.

2) Deux sous-espaces stricts ne suffisent pas. Si , alors est un sous-espace (c'est ), donc par le 1) , auquel cas , ou , auquel cas . Dans les deux cas l'un des deux n'est pas strict.

3) Un nombre fini de sous-espaces stricts ne suffit pas. Supposons par l'absurde qu'une famille finie de sous-espaces stricts recouvre , et choisissons-en une, , avec le plus petit possible.

(a) On a , puisqu'un seul sous-espace strict ne peut pas être égal à (et même par le 2), mais on n'en a pas besoin). Par minimalité de , les sous-espaces ne recouvrent pas : il existe qui n'appartient à aucun d'eux ; comme appartient à la réunion de tous, . Enfin fournit un .

(b) La droite . Elle évite : si , alors , puisque — contradiction. Elle rencontre chaque , , en au plus un point : si et appartiennent à avec , alors leur différence appartient à , et en divisant par , — contradiction avec le choix de .

(c) La conclusion. Chacun des sous-espaces contient au plus un point , et n'en contient aucun : au plus valeurs de donnent un dans la réunion. Or est infini : il existe une valeur de pour laquelle n'appartient à aucun des , donc pas à leur réunion, qui est . C'est absurde. Aucune réunion finie de sous-espaces stricts n'est égale à . Le caractère infini de sert à ce seul endroit : il faut disposer de plus de valeurs de .

Ce que l'exercice installe. La réunion n'est pas une opération de l'algèbre linéaire ; celle qui joue ce rôle est la somme , le plus petit sous-espace contenant . Et l'argument de la droite — une droite rencontre en au plus un point tout sous-espace qui ne contient pas sa direction — est celui du vecteur générique : on peut toujours trouver un vecteur qui échappe à un nombre fini de sous-espaces stricts, par exemple à un nombre fini de plans de l'espace passant par l'origine. C'est le même principe qu'« un polynôme non nul n'a qu'un nombre fini de racines ».

Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre

Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.