Adloun

Deux obstructions de parité

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PTSI), chapitre 13 — Déterminants · B. Propriétés et raisonnements

Énoncé

1) Montrer qu'une matrice antisymétrique de taille impaire n'est jamais inversible. Pour , calculer : l'imparité était-elle nécessaire ?

2) Soit telle que . Montrer que est pair. Donner un exemple pour — quelle transformation du plan ? —, puis pour tout pair.

3) Et sur ? Montrer que l'argument du 1) vaut encore dans , mais qu'il existe pour tout une matrice telle que . Où la réalité des coefficients a-t-elle servi au 2) ?

Corrigé

La stratégie. Passer au déterminant : une relation entre matrices devient une équation entre nombres, où la taille apparaît en exposant, par . La parité de décide alors de tout.

1) Les matrices antisymétriques. Soit telle que , de taille impaire : La première égalité est le théorème du cours sur la transposée ; la deuxième, l'hypothèse ; la troisième, avec — le facteur sort une fois de chacune des colonnes, par linéarité par rapport à chaque colonne ; la dernière utilise l'imparité. De on tire , donc : n'est pas inversible. En taille , , non nul dès que : une matrice antisymétrique non nulle de taille est inversible. En taille paire, la chaîne s'arrête à et ne dit rien : l'imparité était indispensable.

2) Les matrices de carré . Passons au déterminant : . Or est à coefficients réels, donc est réel, et son carré est positif ou nul. Si était impair, on aurait : impossible. Donc est pair. En taille , la rotation d'un quart de tour vérifie : deux quarts de tour font un demi-tour. En taille , définissons sur la base canonique par et pour — un quart de tour dans chacun des plans . Alors et : et coïncident sur une base, donc . La condition « pair » est nécessaire et suffisante.

3) Sur . L'argument du 1) n'utilise que , et : il vaut mot pour mot dans . En revanche, vérifie pour tout , impair compris. L'équation reste vraie — ici —, mais l'étape « un carré est positif » est fausse pour un complexe : c'est là, et seulement là, que servait la réalité des coefficients.

Le point délicat. Les deux énoncés se ressemblent et ne reposent pas sur la même chose. Le premier repose sur « entraîne », vrai dans comme dans . Le second repose sur le signe d'un carré, une propriété de l'ordre des réels que n'a pas. Savoir montrer l'étape qui utilise chaque hypothèse, c'est ce que demande la question 3).

Ce que l'exercice installe. Passer au déterminant donne des conditions nécessaires, où la dimension apparaît en exposant. Une matrice réelle de carré est une « multiplication par » déguisée : on ne peut faire agir sur un espace réel que s'il est de dimension paire — le plan complexe est un plan. C'est ce quart de tour qu'on retrouve en électrocinétique : en notation complexe, dériver une grandeur sinusoïdale, c'est multiplier son amplitude complexe par , donc la faire tourner d'un quart de tour.

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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.