Adloun

La base locale des coordonnées cylindriques

Exercice de TD · niveau 2 · mathématiques (PTSI), chapitre 9 — Géométrie du plan et de l'espace · A. Modes de repérage

Énoncé

L'espace est rapporté à un repère orthonormé direct . Pour , on pose

a) Montrer que est une base orthonormée directe, en calculant . Calculer aussi et .

b) Soit de coordonnées cylindriques . Montrer que . Décrire l'ensemble des points obtenus lorsque seul varie, seul varie, seul varie, et vérifier que , , en sont, en , les directions.

c) Calculer et . En déduire que la distance de deux points de coordonnées cylindriques et vérifie Que retrouve-t-on si ?

d) Exprimer et dans la base , et reconnaître la matrice de rotation d'angle .

e) Hélice. On considère les points de coordonnées cylindriques , . Montrer que la distance ne dépend pas de et la calculer. Montrer plus généralement que, pour les points de coordonnées cylindriques , avec , et , les segments ont tous la même longueur et font tous le même angle avec .

Corrigé

Ce qu'on a le droit d'utiliser. L'expression du produit scalaire et du produit vectoriel en base orthonormée directe ; la définition du produit vectoriel (si et ne sont pas colinéaires, le triplet est direct) ; les formules d'addition du cosinus et du sinus.

La stratégie. En coordonnées cylindriques, le bon repère n'est pas , qui ignore la symétrie autour de l'axe, mais une base orthonormée directe attachée au point, qui tourne avec lui. On l'établit par le calcul, puis on s'en sert : tout calcul de distance ou d'angle devient un calcul dans cette base.

a) Une base orthonormée directe. En coordonnées, , , . Les normes : , de même pour , et . Les produits scalaires : , et , puisque les troisièmes coordonnées de et sont nulles. La famille est orthonormée.

Le produit vectoriel, coordonnée par coordonnée (lignes 2 et 3, puis 3 et 1, puis 1 et 2) : Donc . Comme et ne sont pas colinéaires, la définition du produit vectoriel dit que est direct : est une base orthonormée directe. De même : Ce sont les trois relations circulaires , , , transportées dans la base mobile.

b) Le point et ses trois directions. Par définition des coordonnées cylindriques, a pour coordonnées cartésiennes , donc Le terme n'apparaît pas dans la position : il apparaîtra dans la vitesse.

En chaque point, les trois directions des « lignes de coordonnées » sont , , , deux à deux orthogonales.

c) La distance en coordonnées cylindriques. En base orthonormée : Ensuite . On développe le carré de la norme par bilinéarité ; les produits scalaires de avec les sont nuls, et les sont unitaires : ce qui donne la formule annoncée. Si , c'est le théorème d'Al-Kashi dans le triangle formé par les deux points et le point de l'axe à leur hauteur, d'angle en ce sommet.

d) Tourner la base. Par les formules d'addition : On regroupe selon et : Et comme (il suffit de lire les coordonnées : et ), la même formule avec donne Les coordonnées des nouveaux vecteurs, rangées en colonnes, forment la matrice qui est la matrice de la rotation d'angle : tourner le point de autour de l'axe fait tourner sa base locale de . C'est l'écho de la multiplication par des complexes.

e) L'hélice. Pour , la formule du c) donne, avec et : Donc pour tout . Dans le cas général : qui ne dépend pas de . Pour l'angle avec : , donc le cosinus de l'angle entre et vaut lui aussi indépendant de ; ce quotient est bien défini car . Les points sont régulièrement espacés sur une hélice tracée sur le cylindre de rayon , et chaque pas fait le même angle avec l'axe : c'est la propriété qui définit une hélice circulaire, celle d'un filetage ou d'un ressort.

Le point délicat. La base dépend du point : deux points distincts ont deux bases différentes, et l'on ne peut pas additionner leurs coordonnées dans « la » base cylindrique. C'est pourquoi le c) repasse par , qui compare deux bases.

Ce que l'exercice installe. La base locale cylindrique est orthonormée directe, elle tourne avec le point comme une rotation d'angle , et la position s'y écrit . En mécanique, dès le premier semestre, on dérive cette écriture : la dérivée de par rapport à est (on dérive les coordonnées), et la vitesse s'écrit ; en sciences industrielles, c'est la base naturelle d'une liaison pivot ou d'une liaison hélicoïdale.

Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre

Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.