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phénomènes de transport (PSI) · Chapitre 3 · Exercice de TD

L'implanteur ionique : compter les ions qui traversent une plaquette

Diffusion de particules · A. Densité particulaire et vecteur densité de flux · niveau 2

Énoncé

Pour doper le silicium d'un transistor, on y projette des ions. Dans un implanteur, des ions bore (masse , charge ), accélérés jusqu'à l'énergie cinétique , forment un faisceau homogène de section qui transporte le courant . Un balayage promène le faisceau sur toute la plaquette, un disque de silicium de diamètre : tous les ions du faisceau l'atteignent, et la dose reçue est uniforme. Une cage de Faraday, placée à côté de la plaquette, reçoit le faisceau à chaque fin de balayage et mesure son courant. Dans le faisceau, les ions ont la vitesse uniforme et la densité ; on note leur vecteur densité de flux.

1) Exprimer le nombre d'ions qui traversent par seconde une section droite du faisceau, puis , la vitesse des ions et leur densité . Comparer à la densité moléculaire d'un gaz sous à . Pourquoi l'implantation se fait-elle sous un vide poussé ?

2) La dose est le nombre d'ions reçus par unité de surface de plaquette. Pour les source et drain d'un transistor, on vise . Combien d'ions faut-il implanter dans la plaquette ? Quelle durée de faisceau faut-il si la plaquette est perpendiculaire au faisceau ?

3) En pratique, on incline la plaquette : sa normale unitaire fait l'angle avec la direction du faisceau (on écarte ainsi les ions des « couloirs » du réseau cristallin, où ils pénétreraient trop profondément). Le balayage répartit le faisceau sur une zone perpendiculaire à , avec la densité de flux moyenne . Exprimer le flux d'ions à travers un élément de la plaquette orienté par , puis la dose reçue par unité de temps. De combien la dose diminue-t-elle à durée égale ? Que devient le signe du flux si l'on oriente la plaquette par ?

4) Une surface fermée , fixe, entoure une portion du faisceau. Que vaut, en régime permanent, le flux de à travers orientée vers l'extérieur ? Détailler la contribution de chaque face. La plaquette, elle, garde les ions : quelle charge reçoit-elle pendant l'implantation de la question 2) ? Isolée, elle aurait une capacité de l'ordre de : quelle tension prendrait-elle après une microseconde de faisceau ? Conséquences pratiques ?

Corrigé

La stratégie. Le courant compte des charges, le flux compte des ions : avec des ions une fois chargés, . La densité de flux est ce flux par unité de surface perpendiculaire à la vitesse ; sur une surface inclinée, seule la composante normale de compte, d'où un facteur .

1) Flux, densité de flux, densité. Chaque ion porte la charge , donc Le faisceau étant homogène, . La vitesse se déduit de l'énergie cinétique (non relativiste : contre ) : et la densité . Un gaz sous à contient molécules : le faisceau est cent milliards de fois moins dense qu'un gaz, et son flux est pourtant élevé parce que ses ions vont vite : c'est le sens de . Le vide s'impose pour que les ions franchissent le mètre qui sépare la source de la plaquette sans heurter de molécule ; sous , ils en heurteraient une tous les dixièmes de micromètre.

2) Dose et durée. La plaquette a l'aire , et la dose vaut : Deux minutes par plaquette pour une dose forte : c'est l'ordre de grandeur des implanteurs dits « fort courant ».

3) Surface inclinée. Par définition du flux à travers une surface orientée, l'élément de plaquette est traversé par ions par seconde : ceux du cylindre oblique de base et de génératrice , dont le volume est . La dose reçue par unité de temps est donc : à durée égale, la dose est multipliée par , soit une perte de . On la compense en prolongeant l'implantation de : la régulation mesure le courant dans la cage de Faraday, perpendiculaire au faisceau, et corrige du facteur . Orienter la plaquette par change le signe du flux, pas le nombre d'ions qui la traversent : le signe d'un flux n'a de sens qu'avec l'orientation choisie.

4) Surface fermée et charge. Orientée vers l'extérieur, la face d'entrée du faisceau a une normale opposée à : elle contribue pour ; la face de sortie contribue pour ; les faces latérales, que le faisceau ne traverse pas, pour . Le flux total sortant est nul : en régime permanent, et en l'absence de source, autant d'ions entrent dans qu'il en sort, faute de quoi leur nombre à l'intérieur varierait. Ce n'est plus vrai quand le front du faisceau traverse , à l'allumage.

La plaquette reçoit . En une microseconde, suffit à porter une plaquette isolée à : elle repousserait le faisceau et claquerait les oxydes minces des grilles. D'où deux nécessités : neutraliser la charge (on fait pleuvoir sur la plaquette des électrons lents) et, puisque la plaquette ne peut pas servir à compter, mesurer la dose ailleurs, dans la cage de Faraday : chaque ion une fois chargé y apporte la charge , et l'intégrale du courant divisée par donne la dose.

Ce que l'exercice installe. , et le flux à travers une surface orientée, , algébrique, avec son facteur ; une dose est l'intégrale en temps d'une densité de flux. Et le premier bilan : à travers une surface fermée, sans source et en régime permanent, le flux net est nul.

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