phénomènes de transport (PSI) · Chapitre 3 · Exercice de TD
La cellule à diaphragme : mesurer un coefficient de diffusion au laboratoire
Diffusion de particules · B. Bilan de particules · niveau 2
Énoncé
Une cellule à diaphragme est formée de deux compartiments de volumes , séparés par un disque de verre fritté horizontal d'épaisseur et de diamètre . Les pores du fritté, remplis de solution, offrent au soluté une section effective inconnue, plus petite que celle du disque. Chaque compartiment est agité : sa concentration est uniforme, en haut, en bas. Dans les pores, le soluté diffuse avec son coefficient de diffusion dans l'eau, indépendant de la concentration (solutions diluées). Toute la cellule est à . On note , et sa valeur à .
1) On admet que le profil de concentration dans les pores est, à chaque instant, celui du régime stationnaire (régime quasi stationnaire). Exprimer le flux molaire qui traverse le fritté du haut vers le bas. Par un bilan sur chaque compartiment, établir que avec . Quelle grandeur se conserve ?
2) Étalonnage. On remplit la cellule de solutions de chlorure de potassium, dont (tables). Après , on mesure . En déduire , puis ; comparer à la section du disque.
3) Mesure. Dans la même cellule, avec du saccharose, on mesure après la même durée. En déduire .
4) Validité. Comparer le temps d'établissement du profil dans le fritté au temps caractéristique de l'évolution de , pour les deux solutés. Pourquoi laisse-t-on diffuser le soluté quelques heures avant de déclencher le chronomètre (« prédiffusion ») ? La porosité du fritté vaut : comparer le volume des pores à , et conclure. Que se passerait-il sans agitation ?
5) Cas limite. La cellule n'a plus qu'un compartiment de volume , le fritté communiquant avec un très grand bain de concentration constante. Que deviennent et le temps caractéristique ?
Corrigé
La stratégie. On découple les deux échelles : dans le fritté, mince, le profil suit instantanément les concentrations des compartiments (régime quasi stationnaire, à justifier) ; dans les compartiments, bien mélangés, le contenu varie lentement sous l'effet de ce flux. Le bilan de deux réservoirs homogènes donne une exponentielle, dont la constante contient le produit : il suffit d'étalonner une fois avec un soluté connu.
1) Le flux et la décroissance exponentielle. En régime stationnaire, dans les pores, le profil est affine et le flux conservé (sans source) : de à sur l'épaisseur , Le compartiment du haut, de volume fixe et de concentration uniforme, contient moles, qui ne varient que par ce qui traverse le fritté : . Celui du bas reçoit ce flux : . En retranchant, En ajoutant les deux bilans, est constant : la quantité totale de soluté se conserve ; les concentrations tendent vers la moyenne commune.
2) Étalonnage. . Avec , , d'où Le disque a la section : la section effective n'en est que . La matière solide occupe une partie de la section, et les pores tortueux allongent le chemin : on ne peut pas calculer , on l'étalonne.
3) Le coefficient du saccharose. , en accord avec la valeur des tables (). C'est quatre fois moins que pour le chlorure de potassium : la molécule de saccharose est bien plus grosse que les ions et .
4) Validité. Le profil dans le fritté s'établit en pour le chlorure de potassium ( pour le saccharose), alors que évolue avec le temps caractéristique (et ) : un rapport voisin de dans les deux cas, le régime quasi stationnaire est justifié. Il ne l'est pas au départ : le flux des premières heures n'est pas celui du profil affine. On laisse donc le profil s'établir pendant quelques (prédiffusion), puis on renouvelle les solutions et l'on part de là. Le volume des pores, , n'est que de : le fritté stocke trop peu de soluté pour que le flux diffère d'une face à l'autre. Sans agitation, le soluté devrait diffuser sur la hauteur des compartiments, voisine de : , cinq jours, et les concentrations au contact du fritté ne seraient plus et .
5) Cas limite. Avec , reste constant et : le temps caractéristique double ( pour le chlorure de potassium). Avec deux compartiments égaux, l'écart diminue deux fois plus vite, parce que chaque mole qui traverse le fritté fait baisser et monter .
Ce que l'exercice installe. Le bilan d'un réservoir homogène, , couplé à un flux de Fick quasi stationnaire, donne une relaxation exponentielle ; le régime quasi stationnaire se justifie par petit devant le temps d'évolution ; et une constante géométrique qu'on ne sait pas calculer s'élimine par un étalonnage.
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