phénomènes de transport (PSI) · Chapitre 3 · Exercice de TD
La feuille et ses stomates : combien d'eau pour une molécule de ?
Diffusion de particules · C. Loi de Fick · niveau 2
Énoncé
Une feuille au soleil absorbe le dioxyde de carbone de l'air et perd de la vapeur d'eau par les mêmes ouvertures, les stomates, pores de l'épiderme qui débouchent sur les espaces d'air intérieurs. Les gaz traversent, selon l'axe normal à la feuille, deux couches en série (échelles non respectées sur la figure) :
- les pores, de profondeur : stomates par de feuille, de section elliptique (axes et ) ;
- une couche d'air immobile d'épaisseur , collée à la feuille ; au-delà, l'air est brassé et sa composition est uniforme.
L'air, gaz parfait, est à sous . Fraction molaire du dehors : (concentration ) ; à l'intérieur, la photosynthèse maintient . Les espaces intérieurs sont saturés de vapeur d'eau () ; dehors, l'humidité relative est de (pression partielle ). Dans l'air, y compris dans les pores : , . Ni source ni puits dans les deux couches.
1) Calculer la concentration molaire totale de l'air, puis et . Quelle fraction de la surface de la feuille les pores occupent-ils ?
2) Par un bilan sur la tranche d'un pore de section , montrer qu'en régime stationnaire le flux ne dépend pas de , puis que le profil de concentration dans le pore est affine. Combien de temps ce profil met-il à s'établir ? Le régime stationnaire est-il justifié ?
3) On rapporte les flux à l'unité de surface de feuille. Montrer que la couche des pores transmet le flux surfacique quand les concentrations valent et à ses deux faces, avec une résistance ; écrire de même la résistance de la couche d'air immobile. En invoquant la conservation du flux à la sortie des pores, en déduire le flux de absorbé par unité de surface de feuille, (l'« assimilation »), en , sans puis avec la couche d'air immobile. Où se fait l'essentiel de la chute de concentration ?
4) Calculer de même la transpiration (flux d'eau sortant), puis le rapport . Montrer qu'il ne dépend ni de l'ouverture des stomates, ni de l'épaisseur de la couche d'air immobile. Combien de grammes d'eau la feuille perd-elle pour former un gramme de glucides (une molécule fixée donne un motif , de masse molaire ; ) ?
5) Cas limites. Certaines plantes des climats chauds (le maïs, la canne à sucre) abaissent à : que devient ? Le modèle néglige la convergence des lignes de flux à l'entrée et à la sortie de chaque pore, que l'on traduit par un allongement effectif de chaque extrémité de , où est le rayon moyen de l'ellipse de demi-axes et : quel allongement relatif ? Que deviennent , et leur rapport ?
Corrigé
La stratégie. Deux gaz suivent le même chemin en sens opposés. Sur ce chemin, deux couches en série : dans chacune, régime stationnaire sans source, donc profil affine et flux conservé ; d'une couche à l'autre, le flux rapporté à la surface de feuille se conserve. Le rapport des flux d'eau et de ne dépend alors que du rapport des coefficients de diffusion et des écarts de concentration.
1) Concentrations et fraction des pores. Pour un gaz parfait, . La concentration d'un constituant est sa fraction molaire fois : et , d'où l'écart . Un pore a l'aire ; avec stomates, Moins de de la surface est ouverte : on va voir que cela suffit.
2) Un pore : flux conservé, profil affine. La tranche contient moles ; pendant , il en entre par la face et il en sort par la face , sans création ni disparition : En régime stationnaire, , donc ne dépend pas de : le flux se conserve. La section du pore étant constante, est uniforme ; la loi de Fick donne une pente constante : le profil est affine. Il s'établit en un temps de l'ordre de dans le pore, et dans la couche d'air : l'éclairement et l'ouverture des stomates varient en minutes, le régime stationnaire est largement justifié.
3) Deux résistances en série. Dans la couche des pores, un mètre carré de feuille porte pores, chacun traversé par ; le flux par unité de surface de feuille est De même, la couche d'air immobile, pleine, transmet avec . Ces « résistances » s'expriment en . La conservation du flux à la sortie des pores (rien ne s'accumule dans le plan de l'épiderme) impose le même dans les deux couches ; en ajoutant les deux écarts, on obtient : les résistances en série s'ajoutent, comme pour des conducteurs ohmiques. Pour le : et avec la couche d'air. C'est l'ordre de grandeur mesuré sur une feuille au soleil. La chute de concentration se partage comme les résistances : dans les des pores, dans le millimètre d'air immobile. Le gradient est deux cents fois plus raide dans les pores : la densité de flux y vaut , soit fois celle de la couche d'air. Sans épiderme, la couche d'air seule transmettrait : une feuille dont les pores n'occupent que de la surface laisse passer le cinquième de ce que laisserait une surface entièrement ouverte. De petits trous nombreux et peu profonds sont très efficaces.
4) Transpiration. La vapeur est un gaz parfait : à l'intérieur, ; à l'extérieur, la moitié ; d'où , cent vingt fois l'écart du . Avec , et : et avec la couche d'air. Les deux résistances de chaque gaz sont inversement proportionnelles à son coefficient de diffusion (, ), si bien que et quels que soient , et : en ouvrant ou en fermant ses stomates, la feuille choisit le débit, pas le prix en eau de son carbone. En masse : grammes d'eau par gramme de glucides.
5) Cas limites et limites du modèle. Avec , l'écart de double, et est divisé par deux () : c'est l'avantage, en climat chaud et sec, des plantes qui fixent le plus énergiquement. Pour l'effet d'extrémité, et les deux extrémités ajoutent aux : de longueur en plus. et diminuent dans le même rapport, et , qui ne dépend que des et des , est inchangé : la conclusion résiste aux défauts du modèle géométrique.
Ce que l'exercice installe. En régime stationnaire sans source, le bilan d'une tranche donne la conservation du flux ; de là, le profil affine, la résistance de diffusion et l'addition des résistances en série (les pores d'une même couche, eux, sont en parallèle : leurs flux s'ajoutent, d'où le facteur ). Et un réflexe : un rapport de deux flux qui traversent les mêmes résistances, à un facteur près, ne dépend pas de ces résistances.
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