physique des ondes 2 (PC) · Chapitre 5 · Exercice de TD
Corde, cavité laser, électron en boîte : mêmes modes, autres spectres
Approche ondulatoire de la mécanique quantique · D. Particule dans un potentiel uniforme par morceaux · niveau 2
Énoncé
On compare trois ondes enfermées entre deux points distants de , où elles doivent s'annuler.
- Une corde de guitare de longueur , fixée à ses deux extrémités, dont le déplacement transversal obéit à l'équation de d'Alembert ; sa fréquence fondamentale vaut (corde de la grave).
- La cavité d'un laser hélium-néon : deux miroirs distants de , sur lesquels le champ électrique, qui obéit à la même équation avec la vitesse de la lumière, s'annule ; le laser émet vers , et la courbe de gain du milieu amplificateur a une largeur d'environ (donnée).
- Un électron dans un puits infini de largeur .
1) Montrer que, dans les trois cas, les ondes de forme spatiale fixée (corde et cavité : ; électron : état stationnaire) ont pour profil , , et que la condition de quantification s'écrit, dans les trois cas, .
2) Calculer la célérité des ondes sur la corde, puis ses fréquences propres. Pour la cavité laser, calculer l'ordre du mode qui émet à et l'écart en fréquence entre deux modes voisins. Combien de modes la courbe de gain contient-elle ?
3) Pour l'électron, utiliser la relation de de Broglie pour retrouver en une ligne les niveaux . Calculer et la fréquence . Écrire les relations de dispersion des trois ondes et expliquer pourquoi les spectres diffèrent alors que les modes sont les mêmes.
4) Le programme demande de « distinguer l'onde associée à un état stationnaire d'une onde stationnaire au sens usuel ». Comparer l'évolution temporelle d'un mode de la corde et celle de l'état . On superpose les deux premiers modes, sur la corde d'une part, pour l'électron d'autre part : quelles fréquences un observateur peut-il mesurer dans chaque cas ?
5) Quelle relation de dispersion donnerait des fréquences propres dans les rapports ? Les ondes de flexion d'une règle d'acier posée sur deux appuis ont pour relation de dispersion (admise, constante du matériau et de la section), et leurs modes ont le profil (admis pour des appuis simples). Le fondamental d'une règle vaut : prévoir les deux suivants. Conclure.
Corrigé
La stratégie. On sépare la variable de temps : il reste dans les trois cas la même équation différentielle en , avec les mêmes conditions aux bords, donc les mêmes solutions. La différence n'apparaît qu'au moment de relier le nombre d'onde à une fréquence : c'est le rôle de la relation de dispersion.
1) Les mêmes modes. Corde : en reportant dans l'équation de d'Alembert, il vient avec . Cavité : même calcul pour le champ. Électron : l'équation de Schrödinger stationnaire dans le puits, où , s'écrit avec . Dans les trois cas, la solution générale est . L'annulation en impose ; l'annulation en impose avec (sinon l'onde est nulle), donc avec ( donnerait l'onde nulle, et redonne les mêmes profils au signe près). Les profils sont , et la longueur d'onde vérifie un nombre entier de demi-longueurs d'onde dans la boîte. C'est un résultat sur l'équation en et sur les bords, pas sur la nature de l'onde.
2) Deux spectres équidistants. Pour la corde, , donc . Le fondamental donne , et les fréquences propres valent , , … : les harmoniques sont équidistantes, multiples entiers du fondamental, ce qui fait la hauteur bien définie d'une note de musique. Pour la cavité, aussi, avec la vitesse de la lumière : l'ordre du mode vaut et deux modes voisins sont séparés de , soit, en valeur relative, . La courbe de gain, large de , contient trois modes : le laser émet sur trois fréquences voisines. C'est le cas des grands : la condition ne contraint plus guère la longueur d'onde, qui paraît pouvoir prendre presque toutes les valeurs.
3) Le spectre de l'électron. Avec la relation de de Broglie, l'impulsion du mode vaut , et son énergie, purement cinétique dans le puits, c'est la formule du cours, obtenue en une ligne. Homogénéité : s'exprime en , et comme , c'est bien une énergie. Pour : et la fréquence associée vaut . Les niveaux sont dans les rapports . Les trois relations de dispersion sont (corde, célérité ), (lumière) et, pour l'électron, . Les nombres d'onde permis sont les mêmes, ; une relation linéaire donne des fréquences proportionnelles à , une relation quadratique des fréquences proportionnelles à . C'est la relation de dispersion qui fait le spectre.
4) État stationnaire et onde stationnaire. Un mode de la corde, , est une onde stationnaire au sens usuel : chaque point vibre, le profil change de signe deux fois par période, et la grandeur observée, le déplacement, dépend du temps. L'état a les mêmes nœuds, mais sa seule dépendance temporelle est un facteur de phase global de module : la densité de présence est figée. Rien n'y vibre ; c'est le sens du mot « stationnaire ».
Superposons les deux premiers modes. La corde, , émet un son qui contient les deux fréquences et , chacune mesurable. Pour l'électron, avec des coefficients réels et , la densité vaut (le problème l'établira) on n'observe que la différence , jamais ni séparément. Et il ne peut pas en être autrement : ajouter une constante au potentiel ajoute à toutes les énergies et multiplie par le facteur global , sans rien changer d'observable. La fréquence dépend de l'origine des énergies ; la fréquence de la corde, non.
5) Le spectre en . Il faut , c'est-à-dire : la relation de dispersion de l'électron libre, au facteur près. La règle sur deux appuis en est un exemple : , d'où et . Ses partiels ne sont pas harmoniques : la règle frappée sonne comme un objet métallique, sans note franche. Le spectre d'une particule dans une boîte est celui d'une règle vibrante, pas celui d'une corde : une analogie se juge sur la relation de dispersion autant que sur les conditions aux limites.
Ce que l'exercice installe. Une onde confinée entre deux nœuds a toujours les modes et la condition ; c'est la relation de dispersion qui transforme ces modes en spectre, équidistant pour , en pour . Et la distinction exigée par le programme : un état stationnaire a une densité figée (phase globale), une onde stationnaire vibre ; seules les différences d'énergie sont observables.
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