Adloun

physique des ondes 2 (PC) · Chapitre 5 · Exercice de TD

Devant un mur : rides de densité électronique, et ce que « stationnaire » veut dire

Approche ondulatoire de la mécanique quantique · C. Équation de Schrödinger et particule libre · niveau 2

Énoncé

Un électron de masse se déplace dans la région , où ; en se dresse un mur infranchissable ( pour ). Il arrive sur le mur en venant des positifs. On cherche un état stationnaire d'énergie (), superposition d'une onde incidente , qui va vers le mur, et d'une onde réfléchie , qui s'en éloigne ().

1) Quelle condition la fonction d'onde vérifie-t-elle en ? En déduire en fonction de , et montrer que . Est-ce un état stationnaire ? est-elle continue en ?

2) Calculer la densité de présence. Où s'annule-t-elle ? Quelle est la période de ses « rides » ?

3) Comparer avec la corde fixée en , . Que valent et ? À l'instant (), que valent et ? est-elle solution de l'équation de Schrödinger libre ?

4) L'onde plane seule, , est-elle un état stationnaire ? Une onde stationnaire ? Que signifie « stationnaire » en mécanique quantique ?

5) Situation réelle. En 1993, Crommie, Lutz et Eigler ont photographié au microscope à effet tunnel, sur une surface de cuivre, des rides de densité électronique parallèles à une marche atomique qui joue le rôle de mur, de période . Ces électrons de surface se comportent comme des particules libres de masse effective (donnée, à substituer à ). En déduire leur longueur d'onde, leur énergie cinétique (la photoémission mesure ), leur vitesse et la pulsation de leur phase, l'origine des énergies étant au bas de la bande. Pourquoi le microscope voit-il des rides immobiles ?

Corrigé

La stratégie. On superpose les deux ondes (linéarité), la condition au mur fixe leur rapport, puis on compare terme à terme à l'onde stationnaire d'une corde : mêmes nœuds, pas la même dépendance temporelle.

1) La condition au mur. La particule ne pénètre pas là où : pour , et la continuité impose (cours, potentiel infini). Or : , les deux ondes ont même amplitude, le mur réfléchit tout, et C'est un produit : un état stationnaire, superposition de deux ondes de même énergie (exercice 4, question 3). La dérivée vaut en et en : discontinue, comme l'annonce le cours là où le potentiel est infini.

2) Les rides. , indépendante du temps, nulle au mur et en : nœuds de densité tous les , entre lesquels elle monte à , quatre fois la densité de l'onde incidente seule. C'est le terme d'interférence entre onde incidente et onde réfléchie.

3) Corde et électron. Pour réel, : et , deux ondes stationnaires de corde, en quadrature. À , la corde est plate partout ; la fonction d'onde vaut alors , et n'a pas bougé. Mêmes nœuds ; mais entre les nœuds la corde passe par zéro deux fois par période, la densité de présence jamais. Enfin contient un terme de pulsation , soit d'énergie , alors que l'équation libre impose : l'onde stationnaire de la corde n'est pas solution ; une fonction d'onde réelle ne peut pas évoluer (exercice 3).

Avec et : à gauche, aux instants (trait fin), (tirets) et (nulle), et (trait épais), la même aux trois instants ; à droite, aux instants , et . Quand une partie est plate, l'autre est maximale ; une corde n'a que l'une des deux.

4) L'onde plane. est un produit : un état stationnaire, de densité uniforme et constante, et pourtant ses crêtes de phase avancent à : rien d'une onde stationnaire. « Stationnaire » qualifie la densité de présence, non l'onde : un état d'énergie bien définie dont les probabilités de position ne dépendent pas du temps, immobile devant un mur ou en mouvement comme l'onde plane.

5) Les rides du cuivre. Période , donc ; avec , la valeur de la photoémission : deux mesures indépendantes s'accordent par de Broglie. Puis et (période ), valeur qui dépend de l'origine choisie (exercice 3). Le microscope voit des rides immobiles non parce qu'il moyenne une oscillation trop rapide, mais parce que la densité d'un état stationnaire est rigoureusement constante. Dans l'expérience de Wiener (1890), au contraire, une plaque photographique enregistrait la moyenne temporelle d'une onde lumineuse stationnaire dont l'intensité instantanée oscillait. Le modèle est idéalisé (marche imparfaite, surface à deux dimensions, qui atténuent les rides au loin) ; la période, elle, est bien .

Ce que l'exercice installe. Superposer onde incidente et onde réfléchie, puis imposer la condition au mur : , discontinue. Et la distinction du programme : un état stationnaire a une densité de présence indépendante du temps ; une onde stationnaire a des instants où elle s'annule partout. Elles partagent ici leurs nœuds, pas leur dépendance temporelle ; l'onde plane est un état stationnaire qui se propage.

100 % gratuit

La suite du chapitre est sur Adloun

Exercice suivant et tuteur

Sans compte : le cours, le premier QCM et 2 minutes de podcast et de vidéo. Exercices et tuteur : inscription gratuite en 30 secondes, sans carte bancaire.

Le cours du chapitre · Tous les exercices du chapitre

Exercice suivant et tuteur →