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physique des ondes 2 (PC) · Chapitre 5 · Exercice de TD

Les états liés d'un puits GaAs/AlGaAs : formes, parités, débordement

Approche ondulatoire de la mécanique quantique · D. Particule dans un potentiel uniforme par morceaux · niveau 2

Énoncé

Un puits quantique est une couche d'arséniure de gallium GaAs, épaisse de , prise entre deux couches d'arséniure de gallium et d'aluminium . Un électron de conduction s'y déplace librement parallèlement aux couches ; selon l'axe qui leur est perpendiculaire, il voit le puits symétrique et se comporte comme une particule de masse effective , prise identique dans les deux matériaux (simplification : elle vaut plutôt dans l'alliage). On n'étudie que le mouvement selon . Ce puits possède trois états liés, d'énergies (fournies, obtenues par la résolution numérique des conditions de quantification)

L'état fondamental a pour partie spatiale (fournie) avec et . Plus généralement (fourni), les états liés pairs ont cette forme, avec leurs propres et , et les états liés impairs la forme à l'intérieur, à l'extérieur (signe de ). Intégrales fournies : Les énergies du puits infini de même largeur sont .

1) Écrire l'équation stationnaire à l'intérieur et à l'extérieur du puits, pour , et la forme générale de ses solutions dans chaque domaine. Pourquoi ne garde-t-on, pour , que l'exponentielle décroissante ? Expliquer pourquoi c'est ce choix, joint aux conditions de continuité, qui ne laisse subsister que des valeurs discrètes de l'énergie.

2) Donner la parité et le nombre de nœuds des trois états liés, et l'allure de leurs fonctions d'onde.

3) Calculer , et la longueur de décroissance de pour les trois états. Comparer à .

4) Écrire les conditions de continuité de et de en . Vérifier que la forme fournie assure la première et que la seconde impose ; vérifier numériquement cette relation avec l'énergie fournie. Pourquoi est-il inutile d'écrire les conditions en ?

5) Calculer la probabilité de présence de l'électron hors du puits, pour chacun des trois états. Commenter le résultat obtenu pour le troisième.

6) Comparer les trois énergies à celles du puits infini de même largeur. Que dirait le modèle du puits infini du troisième état ?

Corrigé

La stratégie. On ne résout aucun raccordement : on écrit l'équation dans chaque domaine pour connaître la forme des solutions, on compte les inconnues et les conditions pour comprendre pourquoi l'énergie est quantifiée, puis on exploite les énergies fournies : nombres d'onde, longueurs de décroissance, vérification d'une condition de continuité, probabilités.

1) Oscillant dedans, évanescent dehors. À l'intérieur, et l'équation stationnaire s'écrit de solutions oscillantes . À l'extérieur, et de solutions exponentielles pour (et de même à gauche). Le terme croît sans limite : ne serait pas intégrable, la fonction d'onde ne serait pas normalisable, et la particule ne serait pas liée. On impose donc à droite, et la condition symétrique à gauche.

Comptons. Il reste quatre amplitudes : et dedans, une à droite, une à gauche. Les conditions de continuité de et de aux deux parois donnent quatre équations linéaires et homogènes en ces quatre inconnues. Pour une énergie quelconque, un tel système n'a que la solution nulle ; il n'a de solution non nulle que si son déterminant s'annule, ce qui est une condition sur , satisfaite seulement pour des valeurs isolées. Si l'on avait gardé les exponentielles croissantes, il y aurait six inconnues pour quatre équations, et une solution pour toute énergie : c'est bien l'exigence d'une fonction d'onde qui s'éteint loin du puits — le caractère lié — qui quantifie l'énergie. Enfin, est impossible : et sa dérivée seconde auraient partout le même signe, et une telle fonction ne peut s'éteindre des deux côtés.

2) Parités et nœuds. Le potentiel est pair : les états sont pairs ou impairs (formes fournies). Comme pour une corde, le fondamental n'a aucun nœud, et chaque état a un nœud de plus que le précédent, les parités alternant : est paire (aucun nœud), impaire (un nœud, en ), paire (deux nœuds). On le vérifie avec les nombres de la question suivante : , donc ne s'annule pas dans le puits ; , donc s'annule en , dans le puits ; à l'extérieur, une exponentielle ne s'annule jamais.

Les trois fonctions sont tracées de à , avec la même amplitude intérieure : elles sont continues et à dérivée continue aux parois, et la troisième s'étend loin dans l'alliage.

3) Nombres d'onde et longueurs de décroissance. Avec , et (énergies en eV, résultats en ). Pour le fondamental, et . De même :

État (meV) () () (nm)

Contrôle : pour les trois états, comme il se doit puisque . Le fondamental déborde sur de chaque côté, le sixième de la largeur du puits ; le deuxième un peu plus ; le troisième, à seulement sous le bord du puits, sur , plus que la largeur du puits. Plus un état est haut, plus est petit, plus il déborde.

4) Vérifier une condition de continuité. En , la forme intérieure vaut et la forme extérieure : est continue par construction — c'est ainsi qu'on a choisi l'amplitude extérieure. Les dérivées valent, de part et d'autre, et leur égalité impose . Numériquement, , , et L'énergie fournie est bien celle d'un état stationnaire du puits : la fonction d'onde se raccorde sans cassure. Cette relation, avec , est la condition de quantification des états pairs ; la résoudre est ce que l'on n'a pas fait (l'énergie est fournie). Pour l'état impair, la même démarche donne : . Enfin, étant paire, les conditions en sont l'image de celles en : elles n'apportent rien de nouveau.

5) Probabilité hors du puits. Pour un état pair, la densité de présence intègre à dans le puits et à dans les deux parois ; la constante se simplifie dans le rapport : Pour un état impair, on remplace par et le du terme par un .

  • Fondamental : , et : .
  • Deuxième état : et : .
  • Troisième état : et : .

Le troisième état est lié, mais à peine : l'électron passe les deux tiers du temps dans les couches d'alliage, là où, classiquement, son énergie ne lui permet pas d'aller. Un état presque au bord du puits vit surtout hors du puits.

6) Comparaison au puits infini. , puis et . Les trois niveaux du puits fini sont plus bas, dans les rapports ; ; , d'autant plus que l'état déborde davantage. Le modèle du puits infini placerait le troisième niveau à , au-dessus de : il conclurait à deux états liés seulement, alors que le puits fini en garde un troisième. Le puits infini n'est un bon modèle que pour les états dont la longueur de décroissance est petite devant .

Ce que l'exercice installe. Dans un puits fini, l'onde oscille dedans et s'éteint dehors sur la longueur ; c'est l'exigence d'une fonction d'onde de carré sommable qui quantifie l'énergie. Une condition de continuité se vérifie sur une solution fournie en une ligne. Plus un état est haut, plus il déborde : le dernier état lié d'un puits peut vivre surtout hors du puits, et les niveaux sont tous plus bas que ceux du puits infini.

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