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physique quantique (MP) · Chapitre 2 · Exercice de TD

Problème : localiser une particule en superposant des ondes planes — l'inégalité de Heisenberg spatiale

Particule libre et densité de courant de probabilité · D. Le paquet d'ondes · niveau 3 (difficile)

Énoncé

On veut décrire un électron de , dans le vide, localisé au voisinage de . Données : , , . L'équation de Schrödinger étant linéaire, toute superposition d'ondes planes en est solution. Tout le problème se passe à : on étudie , superposition des avec des amplitudes . On admet que la distribution de probabilité du vecteur d'onde est alors proportionnelle à . On donne, pour et réel, , et l'on rappelle qu'une densité proportionnelle à a pour écart-type .

1) Deux ondes ne localisent pas. . Calculer . Localisée ? Normalisable ?

2) ondes : des pics fins, mais périodiques. . Montrer que . Hauteur des pics principaux, premiers zéros autour du pic central, période. Avec , exprimer la largeur d'un pic. Pourquoi la particule n'est-elle pas localisée ? Lien avec la particule sur un anneau ?

3) Le continu localise, et normalise. à fixé : , constante. Calculer , , ses premiers zéros ; montrer que est normalisable. On admet que le lobe central porte 90 % de la probabilité. Quelle largeur place les premiers zéros en ? Quelle fraction de , quelles énergies ?

4) Le paquet gaussien : l'égalité. . Calculer et . Montrer que est l'écart-type du vecteur d'onde, calculer l'écart-type de la position et le produit .

5) Ce qui dépend de la définition. Pour le spectre rectangulaire, calculer et montrer que est infini. Comparer avec le produit de par la demi-largeur du lobe central. Qu'est-ce qui dépend de la définition des largeurs, qu'est-ce qui n'en dépend pas ? Énoncer l'inégalité de Heisenberg spatiale sous ses deux formes.

6) Ordres de grandeur et cas limites. Que se passe-t-il quand ? Pour l'électron décrit par un paquet gaussien, calculer , et pour , et ; puis pour un grain de poussière de à . La superposition est-elle un état stationnaire ?

Corrigé

La stratégie. On construit la localisation pas à pas : deux ondes donnent des franges, ondes des pics fins mais périodiques, un spectre continu un pic unique et normalisable. À chaque étape, la largeur spatiale varie comme l'inverse de la largeur spectrale ; le paquet gaussien, calculable exactement, donne le coefficient pour les écarts-types : le cas d'égalité de l'inégalité de Heisenberg.

1) Deux ondes : des franges. , donc Des franges de période , toutes égales : la particule est « partout à la fois, par paquets » ; l'intégrale diverge, pas de normalisation. Deux ondes font une modulation, pas une localisation.

2) ondes : la somme géométrique. Avec , et en mettant en facteur au numérateur, au dénominateur () : Les facteurs de module 1 disparaissent du module au carré, d'où le résultat. Pics principaux : en (et en tout multiple de ), le quotient tend vers : hauteur , toutes les ondes en phase. Premiers zéros : : la demi-largeur d'un pic vaut , inverse de la largeur du spectre. Période : . Les pics s'affinent quand croît, mais se répètent : pas de localisation sur la droite. Lien exact avec l'anneau : un spectre formé des seuls ne contient que des fonctions de période , les ondes permises sur un anneau de périmètre (). Un spectre discret décrit une particule sur un cercle, localisée une fois par tour. (C'est la fonction du réseau de l'optique, inutile ici.)

3) Le continu : un seul pic, normalisable. qui tend vers en . Zéros en ( entier non nul) : premiers zéros en , comme pour ondes, mais plus de périodicité ( repousse la période à l'infini). Normalisable : la fonction est continue et , intégrable à l'infini ; l'intégrale est finie, et l'on choisit pour qu'elle vaille 1. Une superposition continue d'ondes planes, dont aucune n'est normalisable, est normalisable. Zéros en : soit des énergies de à , plage asymétrique car .

4) Le paquet gaussien. Avec , ; l'intégrale donnée, avec et , vaut : Vecteur d'onde : , gaussienne d'écart-type . Position : avec , soit . Avec : Une gaussienne en donne une gaussienne en ; le produit des écarts-types est constant. (Vérification numérique, en sommant les ondes planes pour , et : produit dans les trois cas.)

5) Les définitions des largeurs. Pour le rectangle, est uniforme sur : , fini. Mais ne tend pas vers zéro : de valeur moyenne , son intégrale entre et croît comme . est infini (calculé sur une fenêtre, il croît comme sa racine) : les queues en suffisent. Le produit est infini, ce qui respecte l'inégalité sans rien dire. Avec la demi-largeur du lobe, , on a ; pour la gaussienne, . Le coefficient dépend de la forme du spectre et de la définition des largeurs ; la loi n'en dépend pas. D'où deux énoncés, à ne jamais mélanger :

  • pour les écarts-types, pour tout état (admis), avec égalité pour le paquet gaussien ;
  • en ordre de grandeur, (ou selon les largeurs : la fente et le faisceau des exercices 5 et 6 ont donné , avec des largeurs « au premier zéro »).

Écrire « , donc » mélange les deux et donne un coefficient faux.

6) Ordres de grandeur et cas limites. Si , : l'onde plane, non normalisable, est la limite d'un paquet dont on connaît de mieux en mieux l'impulsion. Pour l'électron, :

() ()
(un atome)

Localisé à l'échelle d'un atome, l'électron de a une impulsion dispersée de 10 % : la trajectoire précise perd son sens ; au micromètre, l'impulsion est connue à près. Grain de poussière (, ) : , imperceptible. Enfin, les ondes superposées ont des énergies différentes : la superposition n'est pas un état stationnaire, évolue. Son déplacement et son étalement ne sont pas étudiés ici ; ils sont traités dans les exercices résolus, selon le programme de chaque classe.

Le résultat obtenu — l'inégalité de Heisenberg spatiale. Une onde plane, d'impulsion déterminée, n'est pas localisée ; une particule ne peut être localisée qu'en superposant des ondes planes de vecteurs d'onde différents, et la largeur spatiale de la superposition varie comme l'inverse de sa largeur spectrale. Pour les écarts-types, , l'égalité étant réalisée par le paquet gaussien ; en ordre de grandeur, . Une superposition continue est normalisable ; une superposition discrète est périodique.

Ce que l'exercice installe. La construction de la localisation, de deux ondes à une infinité : modulation, puis pics fins mais périodiques (un spectre discret décrit une particule sur un cercle), puis un pic unique et normalisable. La loi , indépendante de la définition des largeurs ; le coefficient du paquet gaussien, cas d'égalité. Et la discipline des notations : écarts-types et ordres de grandeur ne se mélangent pas.

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