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thermodynamique statistique (MP) · Chapitre 2 · Exercice de TD

Pourquoi un thermomètre ne tremble pas : fluctuations, capacité thermique et taille du système

Systèmes à spectre discret d'énergie · D. Généralisation : spectre discret quelconque · niveau 2

Énoncé

Un système a des états non dégénérés d'énergies (en nombre fini ou non) ; il est en équilibre avec un thermostat à la température . On note la probabilité de l'état , , et .

1) Montrer que .

2) En déduire la relation , valable pour tout spectre discret. Que peut-on en dire du signe de ? La vérifier pour le système à deux niveaux (, ).

3) Un corps est formé de systèmes identiques et indépendants, chacun de capacité thermique et d'écart quadratique . On admet que, pour des grandeurs aléatoires indépendantes, les moyennes et les variances s'ajoutent. Exprimer , et , et vérifier que la relation de la question 2 reste vraie pour le corps. Comment varient avec les fluctuations de l'énergie rapportées à une énergie proportionnelle à (par exemple fois l'écart entre deux niveaux) ?

4) Pour donner une échelle parlante aux fluctuations, on les convertit en l'écart de température qui produirait le même écart d'énergie : . Montrer que .

5) Applications à , capacités thermiques mesurées : un agrégat de 250 atomes d'or, ; un cube de cuivre de ( atomes), . Calculer et commenter : la température d'un agrégat d'or est-elle une grandeur bien définie ? Celle d'un thermomètre ?

Corrigé

La stratégie. On dérive la définition par rapport à , les énergies étant fixes : tout passe par la dérivée des probabilités. Puis on ajoute des systèmes indépendants : les variances s'ajoutent, d'où la loi en .

1) Dérivée d'une probabilité. On écrit avec . Comme : Lecture : quand augmente, les états d'énergie supérieure à la moyenne gagnent en probabilité, les autres en perdent. On vérifie : la normalisation est conservée.

2) Fluctuations et capacité thermique. soit Une variance étant positive, pour tout système à l'équilibre : chauffer ne peut pas faire baisser l'énergie moyenne. Le résultat ne dépend pas de l'origine des énergies : ni ni n'en dépendent. Vérification à deux niveaux. , donc .

3) systèmes indépendants. Moyennes et variances s'ajoutent : et : la relation vaut pour le corps entier. Rapportées à une énergie proportionnelle à , , les fluctuations valent Pour une mole, : l'énergie d'un corps macroscopique est une grandeur quasi certaine, ce que la thermodynamique suppose sans le dire. La moyenne croît comme , l'écart comme seulement.

4) Échelle en température. . Comme , .

5) Agrégat et thermomètre. L'agrégat d'or, au contact d'un thermostat à , a une énergie qui fluctue autant que celle d'un agrégat isolé dont la température varierait de : sa « température », si on la lit sur son énergie, n'est définie qu'à quelques pour cent près, et c'est une limite que rencontrent les nano-calorimètres. Le millimètre cube de cuivre, déjà minuscule à l'échelle d'un thermomètre, fluctue à près : un thermomètre ne « tremble » pas parce qu'il contient atomes.

Ce que l'exercice installe. La relation s'établit pour tout spectre discret en dérivant la somme ; elle impose . Pour systèmes indépendants, moyennes et variances s'ajoutent : , , et les fluctuations rapportées à une énergie extensive régressent en : c'est pourquoi les grandeurs thermodynamiques sont quasi certaines. L'échelle dit à partir de quelle taille la température d'un objet est bien définie.

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