Probabilités sur un ensemble fini
Cours complet · mathématiques approfondies (ECG 1re année), chapitre 6 · prépa ECG, 1re année
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Ce chapitre met en place un cadre simplifié mais formalisé : on s'y restreint à un univers fini, ce qui permet de mener tous les calculs sans difficulté théorique. Le second semestre lèvera cette restriction ; tout ce qui s'écrit ici y restera vrai.
est fini, et l'ensemble des événements est — le mot tribu n'est pas employé. Le programme demande aussi d'éviter un usage avancé de la combinatoire : on privilégie le vocabulaire probabiliste sur les dénombrements virtuoses.
6.1 Événements
Une expérience aléatoire a des résultats connus mais imprévisibles. L'ensemble de ces résultats est l'univers ; toute partie de est un événement. Deux événements sont incompatibles (ou disjoints) lorsque leur intersection est vide.
traduit « ou », traduit « et », traduit la négation. De Morgan s'y lit directement : dit que « ni ni » équivaut à « pas et pas ».
Une famille finie est un système complet d'événements lorsque les sont deux à deux incompatibles et que leur réunion vaut : exactement une des situations se réalise.
6.2 Probabilité
Une probabilité sur est une application à valeurs dans , additive — pour et incompatibles — et vérifiant .
; ; et entraîne .
Lorsque tous les événements élémentaires ont même probabilité,
Elle traduit une symétrie de l'expérience, elle ne va jamais de soi. Sur la somme de deux dés, les onze résultats ne sont pas équiprobables — c'est en revenant aux couples qu'on la retrouve.
6.3 Probabilités conditionnelles
Si , la probabilité de sachant est
est elle-même une probabilité sur : toutes les formules établies s'y appliquent.
, et plus généralement, si :
Chaque facteur est porté par une branche : la probabilité d'un chemin est le produit des probabilités rencontrées. Un arbre bien construit est une application de cette formule.
Si est un système complet d'événements de probabilités non nulles, alors pour tout :
et si :
Une maladie touche de la population. Le test est positif chez des malades et des personnes saines. Avec « malade » et « test positif » :
Un test très fiable ne rend malade qu'un positif sur trois : les personnes saines sont si nombreuses que leurs de faux positifs dépassent le total des vrais positifs.
6.4 Indépendance
et sont indépendants si . Si , cela équivaut à . Les événements sont mutuellement indépendants si pour toute partie de : .
Indépendant incompatible : si et sont incompatibles de probabilités non nulles, alors — savoir que arrive interdit , c'est une information maximale. Mutuelle deux à deux : vérifier les couples ne suffit pas. Et l'indépendance est relative à la probabilité : changer peut la détruire.
Si sont mutuellement indépendants, alors les le sont encore, où chaque vaut ou .
6.5 Variables aléatoires réelles finies
Sur un univers fini, une variable aléatoire réelle est simplement une application . On note , , les événements correspondants.
est une fonction ; est un nombre ; est un événement, donc une partie de . C'est parce que est un événement que a un sens. Cette confusion est la première source d'erreurs du chapitre.
La loi de est la donnée de et des pour . La famille est un système complet d'événements.
Pour définie sur : . On se limite à des cas simples, ou .
6.5.1 Espérance et variance
; si alors ; et (théorème de transfert, admis)
est vraie toujours, même si et sont liées. C'est ce qui rend le calcul d'espérance si commode — on décompose, on somme. Rien de tel pour la variance.
et .
De plus si et seulement si est certaine.
Si , la variable est centrée réduite : d'espérance nulle et de variance .
6.6 Lois usuelles
est certaine si elle ne prend qu'une valeur. si avec ; alors et .
Pour un événement , la variable indicatrice vaut si se réalise et sinon : elle suit , et . C'est le pont entre événements et variables aléatoires — et l'outil qui, joint à la linéarité, résout quantité de problèmes de comptage.
compte les succès en épreuves de Bernoulli indépendantes :
La somme des probabilités vaut : la formule du binôme n'est rien d'autre que « les probabilités d'une loi somment à ». Et l'espérance se calcule sans aucune somme binomiale, en écrivant comme somme de indicatrices et en invoquant la linéarité.
si ; alors et . Plus généralement, pour avec : vérifie et .
Le programme prend : les bornes peuvent être négatives. Une translation ramène au cas , et montre que la variance ne dépend que de la longueur de l'intervalle.
Python : Simuler, et vérifier les moments
import numpy as np
rng = np.random.default_rng(0)
n, p = 20, 0.3
X = rng.binomial(n, p, size=200_000)
print(X.mean(), n * p) # 6.0
print(X.var(), n * p * (1 - p)) # 4.2
Les deux colonnes coïncident. Un écart persistant signalerait une erreur — de calcul ou de modèle, jamais du hasard.
6.7 L'essentiel du chapitre
- Système complet : deux à deux incompatibles, de réunion . Le plus utile : .
- Poincaré à deux et à trois événements — on retranche ce qui a été compté deux fois, on remet ce qu'on a trop retranché.
- Composées : formule de l'arbre. Totales : on somme les chemins. Bayes : on renverse le conditionnement.
- Indépendant incompatible ; mutuelle deux à deux ; l'indépendance dépend de .
- est un événement. Transfert : .
- Linéarité de sans hypothèse d'indépendance — c'est ce qui rend l'indicatrice si efficace, avec .
- Kœnig-Huygens ; ; certaine.
- : , . : , . : , .