Analyse asymptotique et séries
Cours complet · mathématiques approfondies (ECG 1re année), chapitre 8 · prépa ECG, 1re année
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Ce chapitre introduit le langage de la comparaison — « négligeable devant », « équivalent à » — puis s'en sert deux fois : pour décider si une série converge, et pour décider si une intégrale converge sur un intervalle non borné. Ces deux questions sont la même, posée au discret puis au continu.
Le programme réunit sous une seule rubrique — Compléments d'analyse — ce que nous avons coupé en deux chapitres. Le découpage est le nôtre : c'est la rubrique entière qu'il faut couvrir, pas l'un des deux chapitres isolément.
8.1 Comparaison des suites
Soient et deux suites, ne s'annulant pas à partir d'un certain rang.
« » ne dit pas que est petit, mais que l'écart est petit devant . Ainsi , bien que la différence tende vers l'infini : elle est négligeable en proportion.
L'équivalence est compatible avec le produit, le quotient et l'élévation à une puissance : si et , alors , et .
On ne peut pas additionner des équivalents : et , mais leur somme vaut , qui n'est pas équivalent à . On ne peut pas non plus composer : , mais n'est pas équivalent à . Produit, quotient, puissance : rien d'autre.
, pour , .
8.2 Comparaison des fonctions
Pour et définies au voisinage de (réel ou ) :
Les mêmes compatibilités valent — produit, quotient, puissance — et les mêmes interdits.
8.3 Séries numériques
La série converge si la suite des sommes partielles admet une limite finie , appelée somme. On appelle alors reste d'ordre :
Il mesure l'erreur commise en s'arrêtant au rang . C'est lui qu'on majore lorsqu'on calcule une somme de façon approchée : sans majoration du reste, un calcul numérique n'a aucune garantie.
Soient et à termes positifs.
- converge si et seulement si ses sommes partielles sont majorées ;
- si : la convergence de entraîne celle de ; la divergence de entraîne celle de ;
- si : les deux séries sont de même nature ;
- si avec convergente à termes positifs, alors converge.
Ces théorèmes sont faux sans l'hypothèse de signe constant. C'est d'ailleurs pour cela qu'on introduit la convergence absolue : elle ramène au cas positif.
est absolument convergente si converge.
Toute série absolument convergente converge.
On écrit , où et sont positifs et majorés par . Toute série absolument convergente est donc la différence de deux séries à termes positifs convergentes — et l'on est ramené au cas positif.
pour :
et pour tout : .
Nature de ? Le terme général est positif et
série de Riemann convergente (). Par équivalence, la série converge. On ne calcule pas la somme — la nature suffit.
converge si et seulement si converge, la somme valant alors . C'est souvent la seule voie pour étudier une suite dont on ne sait rien d'autre.
8.4 Intégrales sur un intervalle quelconque
Le programme demande d'éviter toute technicité : ce chapitre n'existe que pour préparer les variables aléatoires à densité de deuxième année.
Soit continue sur avec . On dit que converge si existe et est finie ; on pose alors
Définition analogue sur , et l'on étend aux intervalles quelconques en découpant.
Linéarité, relation de Chasles, positivité et croissance s'étendent aux intégrales convergentes. Si est continue, positive sur et d'intégrale nulle, alors est identiquement nulle.
Soit continue et positive sur .
- converge si et seulement si est majorée ;
- si au voisinage de : la convergence de entraîne celle de ;
- si avec positive : les deux intégrales sont de même nature ;
- si avec convergente et positive, alors converge.
Ces quatre énoncés sont, mot pour mot, ceux des séries à termes positifs. C'est la même idée : une quantité croissante et majorée converge. Retenir l'un, c'est retenir l'autre.
En , il faut : la fonction doit décroître assez vite. En , il faut : la fonction ne doit pas exploser trop vite. Confondre les deux est l'erreur classique — on retient qu'une même exigence, « pas trop de masse », se traduit dans les deux sens opposés selon l'endroit où se trouve le problème.
est absolument convergente si converge — et cela entraîne la convergence. Comme pour les séries, on écrit comme différence de deux fonctions continues positives.
On pratique l'intégration par parties sur un segment, puis on passe à la limite. Pour le changement de variable : si est continue sur et si est une bijection de classe strictement monotone de sur , alors et sont de même nature, et égales en cas de convergence.
Les changements de variable non affines doivent être indiqués dans l'énoncé, et ne présenter aucune difficulté technique. On ne cherche pas de substitution astucieuse de soi-même.
Python : Conjecturer une nature
import numpy as np
def somme_partielle(alpha, N):
n = np.arange(1, N + 1)
return np.cumsum(1 / n ** alpha)
for a in [0.5, 1.0, 1.5, 2.0]:
S = somme_partielle(a, 200_000)
# l'accroissement sur la 2e moitie
print(a, S[-1], S[-1] - S[len(S)//2])
Pour , la somme continue de croître nettement ; pour , l'accroissement s'effondre. Le calcul suggère la frontière — il ne la démontre pas, et surtout il ne distingue pas de .
8.5 L'essentiel du chapitre
- : l'écart est petit devant , pas petit en soi.
- Compatibilité : produit, quotient, puissance. Jamais la somme, jamais la composition.
- Reste : c'est l'erreur d'un calcul arrêté au rang .
- Termes positifs : majoration, comparaison, équivalence, négligeabilité. Faux sans hypothèse de signe.
- Riemann : converge . Géométriques et leurs deux dérivées. .
- Intégrales : mêmes quatre théorèmes que pour les séries.
- Références : converge ; converge ; converge . Les deux premières inégalités sont inversées.
- IPP sur un segment puis passage à la limite. Changement de variable : bijection strictement monotone, indiquée.