Séries numériques et vectorielles
Cours complet · mathématiques (MP/MPI), chapitre 5 · MP et MPI (2e année)
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<i class="fa-solid fa-compass mr-2" style="color:#9A563B"></i>5.1 Introduction et motivation
Les séries de première année reviennent, avec un double objectif :
- consolider les acquis numériques, en particulier à travers le calcul asymptotique : estimer des restes, des sommes partielles, sommer des équivalents — les techniques qui transforment « la série converge » en « la série converge à telle vitesse » ;
- étendre la notion de série au cadre des espaces vectoriels normés de dimension finie (chapitre 4) : séries de vecteurs, de matrices — avec en ligne de mire la série exponentielle , future clef des équations différentielles linéaires.
L'esprit du programme : les séries sont avant tout un outil. L'étude des séries semi-convergentes n'est pas un objectif — la convergence absolue est reine, et trois techniques nouvelles ou approfondies l'accompagnent : la comparaison série-intégrale (version restes), la règle de d'Alembert, et la sommation des relations de comparaison, dont le théorème de Cesàro est un cas particulier.
5.2 Séries à valeurs dans un espace normé de dimension finie
Soit une suite d'un espace vectoriel normé de dimension finie. La série est la suite des sommes partielles ; elle converge si converge dans (chapitre 4), et sa somme est alors notée , avec les restes . La somme est linéaire. Comme en première année :
- le terme général d'une série convergente tend vers (sinon : divergence grossière) ;
- lien suite-série : la suite et la série télescopique sont de même nature.
(L'équivalence des normes en dimension finie rend ces notions intrinsèques ; la convergence équivaut à celle de chaque coordonnée dans une base.)
La série est absolument convergente si la série numérique converge. Théorème : dans un espace vectoriel normé de dimension finie, toute série absolument convergente est convergente, et . (Le critère de Cauchy est hors programme.)
Démonstration
Fixons une base et notons en coordonnées. Par équivalence des normes, pour tout : chaque série de coordonnées est absolument convergente dans , donc convergente (première année). La série converge alors coordonnée par coordonnée (chapitre 4). L'inégalité de la somme s'obtient par passage à la limite dans l'inégalité triangulaire.
Soit avec pour une norme sous-multiplicative (chapitre 4). Alors : la série est absolument convergente, donc convergente, et sa somme inverse :
La série géométrique de première année, promue aux matrices — c'est l'outil des perturbations : est inversible dès que est « petite ».
5.3 Compléments sur les séries numériques
5.3.1 Comparaison série-intégrale : sommes partielles et restes
Soit monotone (disons décroissante, positive) sur . L'encadrement des rectangles (première année) :
permet, en sommant sur la plage utile :
- de décider de la nature de (celle de l'intégrale) ;
- d'estimer les sommes partielles d'une série divergente : ;
- d'estimer les restes d'une série convergente :
Pour : , soit : — convergence lente (mille termes pour trois décimales). Pour (divergente) : .
5.3.2 Règle de d'Alembert
Soit une suite de réels strictement positifs telle que .
- Si : la série converge ;
- si : la série diverge grossièrement () ;
- si : on ne peut pas conclure ( diverge, converge — les deux ont ).
Démonstration
Si , choisissons : à partir d'un rang , , donc : domination par une série géométrique convergente. Si : choisissons ; à partir d'un rang , avec , donc — divergence grossière. (La règle est taillée pour les termes « produits » : factorielles, puissances — et elle pilotera le rayon de convergence des séries entières.)
5.3.3 Sommation des relations de comparaison
Soient une suite numérique et une suite de signe constant à partir d'un certain rang (la suite de référence).
- Cas convergent (si converge) : les relations se transmettent aux restes :
- Cas divergent (si diverge) : les relations se transmettent aux sommes partielles :
En bref : on peut sommer les , les et les équivalents — côté restes si ça converge, côté sommes partielles si ça diverge — pourvu que la référence garde un signe constant.
Si (limite finie ou infinie), alors la suite des moyennes converge vers la même limite :
(C'est la sommation des relations de comparaison appliquée à la référence , divergente : si fini, donne ; si , donne ; si , comparer à des constantes arbitraires. La réciproque est fausse : a des moyennes qui tendent vers sans converger.)