Analyse asymptotique
Cours complet · mathématiques (PTSI), chapitre 8 · CPGE PTSI (1re année)
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<i class="fa-solid fa-compass mr-2" style="color:#9A563B"></i>8.1 Introduction et motivation
L'objectif de ce chapitre est d'introduire les techniques asymptotiques fondamentales, dans les cadres continu (fonctions) et discret (suites). Il s'agit de répondre à des questions du type : à quoi ressemble quand s'approche de ? à quelle vitesse tend-elle vers sa limite ? — la problématique de la vitesse de convergence, introduite au premier semestre lors de l'étude des suites et des fonctions de la variable réelle (chapitres 5 et 6), trouve ici ses outils définitifs. C'est pourquoi ce chapitre ouvre le second semestre : il fournit des outils efficaces dont toute la suite de l'analyse fera usage.
Les développements limités sont les principaux outils du calcul asymptotique : on les traite d'abord pour les fonctions, afin d'en disposer au plus tôt. La priorité est donnée à la pratique : il faut connaître les développements usuels et savoir mener rapidement des calculs simples — les situations dont la gestion manuelle ne relèverait que de la technicité se traitent à l'aide d'outils logiciels. Les fonctions et suites sont à valeurs réelles ou complexes, le cas réel jouant le rôle prépondérant.
8.2 Relations de comparaison : cas des fonctions
8.2.1 Domination, négligeabilité, équivalence
Soient et définies au voisinage de , la fonction ne s'annulant pas au voisinage de (sauf peut-être en ). On dit que :
- est dominée par en , noté , si le quotient est borné au voisinage de ;
- est négligeable devant en , noté , si ;
- est équivalente à en , noté , si .
L'équivalence se lit de deux façons : (commode pour vérifier), et
« , c'est plus une erreur négligeable devant ». C'est cette seconde forme — une égalité qu'on peut substituer, additionner, intégrer dans un calcul — qui fait tout le travail dans la pratique, et que généraliseront les développements limités.
(taux d'accroissement de en ) ; mais : toujours préciser le point ! Un polynôme est équivalent à son terme de plus haut degré en , de plus bas degré en .
Pour étudier au voisinage de réel non nul, on se ramène systématiquement en : on pose et on étudie quand . Tous les outils (équivalents usuels, développements limités) sont calibrés en .
Pour :
(Ce sont les croissances comparées du chapitre 4, réécrites avec le symbole .)
8.2.2 Règles de calcul
Si et en :
Les symboles et se manipulent par les règles usuelles : , , , , et absorbe tout dès que .
- On n'additionne pas des équivalents : et en , mais la « somme » donnerait — faux ! En cas de somme, repasser par la forme ou par les développements limités.
- On ne compose pas par (ni sans précaution) : en , mais . (Pour : si et avec , alors — utilisable, mais à justifier.)
Si au voisinage de et si , alors .
Démonstration
Au voisinage de (où l'on peut supposer , quitte à changer les signes) : , et les deux extrêmes tendent vers (le second car ) : le théorème d'encadrement conclut.
En : et , donc .
Si , alors :
- et ont même signe au voisinage de ;
- admet une limite en si et seulement si en admet une, et c'est la même.
C'est ce qui fait des équivalents l'outil roi du calcul de limites : on remplace chaque facteur par un équivalent plus simple.
8.3 Développements limités
8.3.1 Définition et premières propriétés
admet un développement limité à l'ordre en (en abrégé ) s'il existe des constantes telles que, au voisinage de :
Le polynôme est la partie régulière. En un point quelconque, le de se ramène au de : .
Si admet un , ses coefficients sont uniques. De plus, admet alors un pour tout , obtenu en tronquant la partie régulière à l'ordre .
Démonstration (Démonstration de l'unicité)
Si , on fait : . On retranche, on divise par , et on recommence : , etc. — chaque coefficient est déterminé par un passage à la limite.
- Signe local : si est le premier coefficient non nul, alors : au voisinage de , a le signe de .
- Parité : si est paire (resp. impaire), son en ne contient que des puissances paires (resp. impaires) — conséquence de l'unicité appliquée à .
- Dérivabilité : est dérivable en si et seulement si admet un , et alors (chapitre 6).
8.3.2 Formule de Taylor-Young et développements usuels
Si est de classe au voisinage de , alors admet un donné par ses dérivées :
Tout se retient à partir de quelques souches : donne , , , (tri des termes) ; est la somme géométrique du chapitre 2 ; et s'obtiennent en primitivant et ; généralise le binôme. Noter les cas particuliers utiles de : et .
8.3.3 Opérations sur les développements limités
Si et admettent des de parties régulières et :
- Combinaison linéaire : admet le de partie régulière ;
- Produit : admet le de partie régulière tronquée à l'ordre ;
- Quotient : si , admet un , qu'on calcule en composant avec (écrire avec ) ;
- Primitivation : si , alors admet un obtenu en primitivant terme à terme : .
La composition se pratique sur des exemples simples ( obligatoire : on substitue le de et on tronque) ; aucun résultat général n'est exigible.
Avant tout calcul, prévoir l'ordre nécessaire : dans un quotient ou une différence, des termes peuvent se simplifier et faire perdre des ordres — on factorise par le terme prépondérant pour anticiper. Exemple : pour , il faut à l'ordre (le terme disparaît) ; pour un dénominateur , prendre deux ordres de plus au numérateur.
de : en tronquant le produit à l'ordre ,
de (composition) : , donc
— on a substitué dans . Toujours se ramener à une quantité qui tend vers avant de composer.
8.3.4 Applications à l'étude locale
- Équivalents et limites : le premier terme non nul du donne l'équivalent : .
- Tangente et position relative : si (, ), la tangente en est , et la position de la courbe par rapport à elle est donnée par le signe de (au-dessus si , traversée — point d'inflexion — si impair).
- Asymptotes : si en (étudier , ou poser ), la droite est asymptote, et le signe de donne la position.
- Extremums (ordre 2) : en un point intérieur avec : si , minimum local ; si , maximum local (condition suffisante) ; réciproquement, un minimum local impose (condition nécessaire). Si , l'ordre 2 ne conclut pas (penser à et ).
8.4 Relations de comparaison : cas des suites
Les définitions s'adaptent mot pour mot aux suites (, à partir d'un certain rang) :
avec les mêmes règles (produits, quotients, puissances, encadrement, conservation du signe et de la limite) et les mêmes interdits (sommes, composition par ). Les croissances comparées s'écrivent : , , et aussi , .
; (composer un avec la suite est, lui, parfaitement licite).