Calcul vectoriel et produit scalaire
Cours complet · mathématiques (première), chapitre 8 · première, spécialité mathématiques
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Le calcul vectoriel de seconde savait dire « parallèle » (colinéarité) mais pas « perpendiculaire », ni mesurer angles et longueurs. Le produit scalaire, né au XIXe siècle avec la notion de travail en physique, comble ce manque : c'est l'outil métrique de la géométrie vectorielle.
8.1 Définition
Soit et deux vecteurs non nuls. Le produit scalaire de par est le nombre réel
où est l'angle formé par les deux vecteurs. Si l'un des vecteurs est nul, on pose .
Le résultat est un nombre (un scalaire), pas un vecteur — d'où le nom. Son signe dit tout de l'angle : positif si est aigu, négatif si est obtus, nul si est droit.
Soit et , et le projeté orthogonal de sur la droite . Alors
Projeter orthogonalement l'un des vecteurs sur l'autre ne change pas le produit scalaire.
Les deux visages de la définition : par l'angle (à gauche) ou par la projection orthogonale (à droite, en vert) — cohérents puisque .
Un chariot est tiré sur m par une force de N inclinée de sur le déplacement. Le travail de la force est le produit scalaire J : seule compte la composante de la force le long du déplacement — c'est exactement la projection.
Deux vecteurs et sont orthogonaux (notation ) si et seulement si
Démonstration. Pour des vecteurs non nuls, : le produit scalaire est nul si et seulement si , c'est-à-dire . Le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur par convention.
8.2 Symétrie, bilinéarité, carré scalaire
Pour tous vecteurs , , et tout réel :
- symétrie : ;
- bilinéarité : et ;
- carré scalaire : (noté ), car .
Le produit scalaire se manipule donc comme un produit ordinaire — c'est ce qui rend l'outil si efficace.
8.3 En base orthonormée
Dans une base orthonormée, si et , alors
et le critère d'orthogonalité s'écrit : .
Démonstration. Notons la base : (vecteurs unitaires) et (orthogonaux). En développant par bilinéarité :
La norme s'en déduit : .
et : — les vecteurs sont orthogonaux, sans tracer la moindre figure.
Méthode : Calculer un angle
De la définition, : on calcule le produit scalaire (souvent en coordonnées) et les normes, puis .
Avec et : , , , d'où
8.4 Produit scalaire et normes
Pour tous vecteurs et :
d'où la formule de polarisation :
Démonstration. Le carré scalaire se développe comme une identité remarquable, grâce à la bilinéarité et à la symétrie :
La polarisation fournit la quatrième méthode de calcul d'un produit scalaire : à l'aide de normes seules. Si l'on connaît les longueurs , et (trois côtés d'un triangle !), le produit scalaire s'en déduit.
Choisir selon les données :
- projection : — quand la figure montre un projeté simple ;
- cosinus : — quand on connaît longueurs et angle ;
- coordonnées : — dès qu'un repère orthonormé est disponible ;
- normes : — quand on ne connaît que des longueurs.
8.5 La formule d'Al-Kashi
Dans un triangle , avec les notations usuelles , , et l'angle au sommet :
C'est le « théorème de Pythagore généralisé » : si , le terme correctif disparaît.
Démonstration (exigible). Par la relation de Chasles, . Prenons le carré scalaire :
Or . D'où
Un triangle a pour côtés , et . Alors
Réciproquement, connaissant les trois côtés, Al-Kashi donne les angles : .
8.6 L'ensemble des points tels que
Soit , deux points et le milieu de . Pour tout point :
Démonstration. Par Chasles, et (car est le milieu). Donc
L'ensemble des points du plan tels que est le cercle de diamètre .
Démonstration (exigible). D'après la transformation précédente :
C'est exactement l'appartenance au cercle de centre (milieu de ) et de rayon : le cercle de diamètre .
Vu de tout point du cercle, le diamètre sous-tend un angle droit : on retrouve le théorème du triangle inscrit dans un demi-cercle, attribué à Thalès.
8.7 Un peu d'histoire
La notion de vecteur, implicite en mécanique depuis Galilée, met des siècles à prendre sa forme actuelle. Le XIXe siècle voit l'élaboration conjointe du produit scalaire en mathématiques (Grassmann, Hamilton) et de la notion de travail en physique : est littéralement le produit scalaire fondateur. La formule d'Al-Kashi (XVe siècle, Samarcande) généralise Pythagore aux triangles quelconques ; la caractérisation du cercle de diamètre remonte, elle, à Thalès.
8.8 Approfondissements
Dans un triangle d'aire :
Démonstration. L'aire du triangle vaut (base , hauteur ). En écrivant la même aire depuis les trois sommets :
puis en divisant par : .
Les trois médianes d'un triangle concourent au point défini par , situé aux deux tiers de chaque médiane à partir du sommet.
Démonstration. Soit le milieu de et le point de tel que . Comme :
relation symétrique en , , : le même point est donc aux deux tiers des trois médianes — elles concourent.
Dans un triangle non équilatéral, le centre de gravité , le centre du cercle circonscrit et l'orthocentre sont alignés : c'est la droite d'Euler, et l'on a . Une démonstration vectorielle consiste à poser tel que et à vérifier, au produit scalaire, que appartient aux trois hauteurs : par exemple
car (rayons). Donc , et .
8.9 Quiz interactif style NotebookLM
Un quiz interactif d'auto-évaluation à choix multiples au format NotebookLM est disponible pour ce chapitre sur la plateforme en ligne (https://adloun.net/playground).